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"A défaut de comprendre qui nous sommes et d'où nous venons, je ne pense pas que nous puissions réellement progresser " Louis B. Leakey

dimanche 12 novembre 2017

Les contes de Solman - A travers la maison IX : ... aux horizons élargis




Nous retrouvons Solman en compagnie de Lune prêts à explorer la Maison IX, maison de l’expansion relationnelle, de l’intégration sociale, de l’élargissement du champ de conscience.

C’est une maison de mode mutable (adaptabilité, mouvement, mobilité, échanges) dont l’élément est le Feu (enthousiasme, esprit d’entreprise, spontanéité), en analogie avec le signe du Sagittaire et sous la maîtrise de la planète Jupiter.

Elle est en lien avec les idéaux élevés, le mental abstrait, la moralité, la légalité, les hautes études, la philosophie, la religion, la théologie, mais également avec les longs voyages physiques ou mentaux, l’étranger, les explorateurs, avec tout ce qui peut permettre à la conscience de s’élargir.


... aux horizons élargis.

La porte IX s'ouvre. Une vague de chaleur déferle alors dans la pièce VIII causant un assèchement instantané de la végétation.
Lune a un malaise. Soleil se rue sur la porte pour tenter de la fermer, en vain. Affolé, il revient vers Lune et la prend dans ses bras pour l'emmener le plus loin possible de l'ouverture, dans un endroit frais. Malheureusement, malgré ses efforts, il sait que ce n'est qu'une question de temps avant que la chaleur ne détruise la salle entièrement, menaçant Lune de mort, à nouveau.

Soleil se met alors dans une colère immense : il en a assez de cette aventure où tout n'est que danger, peine et souffrance. De rage, il donne un coup de pied dans la porte, il hurle et incendie les anges de paroles injurieuses mais rien ne change et il prend conscience qu'il perd son temps inutilement. Il se doit d'agir très vite, plusieurs possibilités s’offrant à lui. Courir dans la pièce IX et voir comment la porte s'active par son entrée : cela risquerait de le séparer de Lune tout en la laissant en semi-sécurité (il ne peut toutefois pas se résoudre à l’abandonner une seule seconde). La prendre avec lui, sur ses épaules, et se hâter de trouver le mot de passe dans la pièce IX : trop risqué pour la santé de Lune s'il ne comprend pas la leçon de la pièce assez rapidement.
Finalement, après analyse, les possibilités qui s'offrent à lui ne sont donc guère réjouissantes. Il regarde Lune évanouie, tremblant de fièvre.

Soleil : Un scaphandre, il nous faut un scaphandre !

Il court jusqu'à la porte en restant dans l'embrasure de celle-ci, il analyse d'un regard les objets se trouvant à sa disposition dans la maison IX. Dans cette pièce, tout semble immense, le plafond est d’ailleurs totalement inaccessible, il ne distingue pas plus les murs, toutefois, à son grand désespoir, il n'y a que des montagnes de cendres et de braises, aucune combinaison, aucun cadeau de protection pour sauver sa partenaire. Paniqué, il retourne vers Lune qui respire difficilement, la fièvre étant montée. L'onde de chaleur est tellement puissante que la végétation autour d'eux commence à s'enflammer. L'air commence à devenir épais et irrespirable même pour Soleil ; ils vont bientôt étouffer.

Lune : Laisse-moi ici, continue... Va-t'en !

Soleil n'écoute même pas sa compagne. Machinalement, il prend le sac de Lune, fait de glace et malgré la douleur qu'il ressent, le vide rapidement et le pose sur la tête de sa bien aimée : accalmie temporaire. Il a soudain l'idée de regarder dans son propre sac et de faire l'inventaire de ce qui pourrait lui être utile. Un instinct, une idée, quelque chose en lui s'éclaire : la terre emportée de la pièce VI. Il la prend et l'installe autour de Lune pour absorber l'eau obtenue par la glace qui fond à vitesse exponentielle, ainsi il commence à lui fabriquer une combinaison. Malgré les picotements ressentis dans ses mains, Soleil travaille à malaxer la terre et l'eau, il recouvre Lune de la boue obtenue. Son sac en lave peut servir de caisson étanche, il lui faut le mouler au plus vite.
Il jette tout le contenu de celui-ci et retourne vers la pièce IX, il maintient la porte entrouverte avec son pied pendant qu'il lance son sac dans les braises. La lave séchée commence à se liquéfier, il tire sur l'anse et commence à sculpter et étirer la lave aux dimensions de Lune. Il réussit finalement à obtenir un globe suffisamment grand pour la transporter à l'abri de la chaleur. Il la rejoint, elle semble définitivement inconsciente mais la lave est toujours chaude et il ne peut en recouvrir Lune immédiatement. Malgré toute sa volonté et son amour, il ne parvient pas à trouver de solution, il manque d'eau, de fraicheur. Il y a quelques minutes, il mourrait dans de l'eau marécageuse et celle-ci lui serait d'un grand secours d'ailleurs, si... Il lève la tête.

Soleil : Eurêka !

Il n'avait pas pris le temps de remarquer que l'eau de la pièce VIII n'avait pas été absorbée ou encore aspirée par des tuyaux cachés, mais que le sol entier de cette pièce s'était abaissé tel un ascenseur leur permettant de survivre. Ravi de sa découverte tardive, il jette alors son sac vers le haut qui se refroidit instantanément et prend sa forme définitive. Il porte Lune jusqu'à sa combinaison de fortune, prend ses propres réserves d'oxygène en tubes, les jette dans la combinaison et la ferme hermétiquement ; Lune est sauvée, pour le moment...

Soleil se met en route, transportant Lune sur ses épaules. Il pénètre dans la maison IX et se retournant, constate que la porte disparait immédiatement en un tas de cendres.
Soleil : Heureusement que je n'ai pas choisi cette option là tout à l'heure !
Un vent chaud lui caresse le visage, dommage que Lune ne soit pas à son aise ici car lui apprécie. Il s'étonne toutefois de sentir des grains de sable s'insinuer dans ses narines, ses yeux, sa bouche : rien ne semble sablonneux ici, tout n'est que braises et cendres.

Lune toussote, Soleil respire de soulagement et s'empresse de la rassurer :

Soleil : Je t'ai fabriqué une combinaison, je te transporte, tu ne crains plus rien. Tu as de l'oxygène pour respirer. Je vais nous sortir de là, ma belle, tiens bon !... Je t'aime.

Pas de réponse claire dans le scaphandre mais juste un petit son qui rassure Soleil sur le fait que Lune a bien repris connaissance. Il décide alors de suivre son instinct : avancer contre le vent. Il marche alors pendant des heures au milieu des montagnes de braises, sur une terre brûlée. Ce territoire est immense ; il avance, encore et encore, gardant l'espoir secret que ses efforts seront récompensés. Soudain, au loin, il aperçoit ce qu'il pense être un arbre.


Soleil : Un arbre avec cette chaleur ? Mais c’est impossible !

Soleil pense qu'il devient fou, qu'il hallucine, la chaleur de cette pièce devant lui embrumer l'esprit.

Soleil : Marche ! Ne pense pas à autre chose que marcher ! Marcher jusqu'à trouver la prochaine porte, marcher pour sauver Lune !

L'arbre devant lui grandit au fur et à mesure qu'il s'en approche, Soleil rêve éveillé, cela ne peut être vrai même si le vent sur sa peau est de plus en plus frais, plus agréable. Puis au bord de l'épuisement, il s'arrête nez à nez avec cet arbre qu'il n'ose toucher craignant que celui-ci ne disparaisse. A ses pieds, de l'eau. Il avance d'un pas, sentant décidément qu'il devient totalement irréaliste dans cette maison. Mais à sa grande surprise, il se cogne sur l'arbre et émet un cri de douleur causée par l'eau sur son gros orteil. Il lâche Lune. Dans ce tas de cendres et de braises, au milieu de nulle part, dans ce monde, un plan d'eau, un oasis existe.

Lune : Aie !

Soleil : Oh désolé ! Je n'ai pas fait attention.

Lune : Pas très grave, mais préviens-moi la prochaine fois, ça secoue un peu.

Soleil : Je vais faire mieux, je vais pouvoir te sortir de là.

Lune : Tu as réussi à trouver la prochaine porte ?

Soleil : Non, pas tout à fait mais tu verras par toi-même, il y a ici un petit coin de paradis qui t'attendait.

Lune : Super, mais dis-moi, comment vas-tu faire pour me sortir de là ?

Soleil n'avait pas réfléchi à cela : sauver Lune dans la hâte était son objectif, lui ôter le scaphandre était totalement secondaire. Les seuls outils à sa disposition sont tous en rapport avec la chaleur et les flammes ainsi, trouver une solution en douceur lui apparaît infaisable.

A ce moment, une voix l'interpelle :

Pluton : Et bien, et bien, vous ici ?

Soleil : Pluton ?

Pluton : Ça se voit non ? Ah ! Lune vous accompagne, malgré elle, semble-t-il ! Vous avez besoin de la maintenir prisonnière pour qu'elle reste avec vous ? Ne faites pas cette tête, je vous taquine. Bonne idée d'ailleurs, la combinaison pour la sauver ! Vous devez être fier non ?

Soleil : Je voulais juste la sauver, le reste je m'en fiche, cessez vos sarcasmes !

Pluton : Ah, bien. Vous m'en voyez ravi, votre séjour dans ma maison vous a fait le plus grand bien à ce que je vois. Allez ! Venez avec moi, je vais vous aider à libérer votre compagne.

Soleil : Euh, comment savez-vous pour le fait que Lune et moi ?

Pluton : Allons, allons, vous n'avez toujours pas compris de quoi j'étais capable ?

Soleil : Euh,... Mercure n'est pas avec vous ?

Ils se dirigent vers une grotte cachée par l'arbre imposant, l'air y est beaucoup plus frais et supportable pour Lune. Mercure est assis et semble en bonne santé malgré une transpiration abondante, il se balance pourtant d'avant en arrière.

Mercure : Explorer... Marcher... Découvrir... Jupiter... Qui est en deuxième base qui ?... Sport... Expansion... Chevaux... Territoires... Etranger...

Soleil, interloqué, demande à Pluton :

Soleil : Mais que lui arrive-t-il ? Il semble fou.

Pluton : Je pense que c'est la chaleur qui lui fait cet effet. Il a comme disjoncté depuis que nous avons franchi le seuil de la porte IX, il a mille idées à la seconde, toutes incompréhensibles. Mais même si son cerveau semble en surchauffe, il suffit de l'écouter attentivement pour comprendre les liens de ses pensées. Je crois qu'elles peuvent être utiles pour le prochain mot de passe.
Nos deux partenaires ont quelques soucis ici, je vous propose une entraide : je vous aide à sortir Lune de sa protection et vous m'aidez à gérer Mercure.

Soleil : Marché conclu ! Si quelqu'un m'avait dit qu'un jour j'allais faire un marché avec vous, je me serai bien moqué de lui !

Pluton : Il faut savoir s'associer même avec une personne totalement étrangère à notre fonctionnement, c'est ainsi que l'on apprend non ?

Soleil : Assurément !

Pluton : J'ai exploré la grotte tout à l'heure et elle cache bien des trésors : derrière, il y a la mer et un navire, j'ai même trouvé cette carte. Regardez, elle indique où se situe la porte X. Cela ressemble à une invitation à aller plus loin, non ?

Soleil : En effet, excellent ! Mais si on pouvait d’abord s’occuper de libérer Lune, s'il vous plait.

Pluton regarde dans son sac et en tire un scalpel. Avec un sourire, il explique à Soleil sa passion pour la dissection, celui-ci à son écoute, a des hauts de cœur. Pluton transperce d'un coup sec et adroit la lave séchée du scaphandre, Lune respire de l'air frais. Pendant plusieurs heures, Soleil et Pluton se relayent pour libérer Lune.
Elle finit par sortir de sa prison et se jette dans les bras de Soleil, le couvrant de baisers. Voyant Pluton les regarder avec un certain cynisme, Lune s'avance et l'embrasse sur la joue, celui-ci hausse les épaules.

Pluton : Au moins, votre réaction est franche et spontanée. Allez, reposons-nous pour la suite. Lune, chère Madame, pourriez-vous avoir l'amabilité de dormir aux côtés de Mercure, vu votre nature d'eau, si je peux le dire ainsi, cela adoucira ses maux, je le suppose en tout cas.

Lune s'exécute, heureuse de pouvoir participer à ce travail d'équipe. Ils s'endorment tous bientôt, rêvant au lendemain et aux efforts qu'il leur faudra encore fournir pour atteindre leur but.

Au matin, les quatre planètes se préparent pour leur deuxième périple : Soleil se place sur le navire, étant le seul à pouvoir supporter la chaleur de cette maison. Pluton et Lune se glissent dans l'eau et servent ainsi de gouvernail et de moteur au bateau. Tous les trois ont enveloppé Mercure dans son sac (une bulle d'air), à l'avant du bateau, là où les embruns seront les plus forts, garantissant ainsi la fraicheur lorsque l'embarcation sera en pleine vitesse. Lune et Pluton se mettent à nager. Pendant de longues heures, Soleil ne voit rien à l'horizon, il guette, encourage ses deux compères, vérifie que Mercure ne soit pas malade et contemple la carte pour deviner la direction à prendre.


Tout à coup, il s'exclame :

Soleil : Terre ! Terre ! Et surtout porte X, droit devant !

Pluton et Lune se regardent et redoublent d'efforts, Soleil leur décrit ce qu'il voit.

Soleil : La porte semble déjà ouverte. Mais c'est quoi ce bazar ? Mais, mais, nous ne sommes pas seuls, tout le monde est là ! Allez ! Vite, du courage !

En effet, au loin, Jupiter fait des grands signes de bienvenue, il semble heureux, excité et en joie de les retrouver tous. A peine accostés, Jupiter les accueille chaleureusement.

Jupiter : Il ne manquait plus que vous ! Nous vous attendions. Nous devons tous franchir la porte X ensemble. Que ça fait plaisir de vous revoir tous ! Venez que je vous serre dans mes bras !

Jupiter allie aussitôt la parole au geste, Soleil en rit, Lune se sent toute petite et Pluton tente de se dégager de l'étreinte. La bulle de Mercure éclate sous la pression des bras de Jupiter, il panique. D'un seul geste, Jupiter se saisit du petit bonhomme et le balance dans les airs tel un vulgaire sac à provisions. Mercure volant à son insu, hurle de terreur et voit arriver sur lui un immense trou tandis que les autres regardent ce spectacle horrifiés par un Jupiter aussi dédaigneux. Mercure tombe dans l'orifice qui le happe et le fait remonter jusqu'à un dôme en verre où toutes les planètes sont réunies devant une table bien garnie. Faisant signe aux autres d'avancer vers ce dôme, Jupiter fait de l'esbroufe.



Jupiter : Panier ! Ha ! Ha ! Ha ! Je vous ai fait peur hein ? Que vous êtes rabat-joie alors ! Je m'amuse. Je savais ce que je faisais, tel Cyrano de Bergerac, à la fin de l'envoi je touche ! Ha ! Ha ! Ha ! Allez réjouissez-vous ! J'aime tout le monde, moi. Mercure est sain et sauf, ne vous inquiétez pas. Regardez-le, il en rigole. Allez, venez manger un coup !

Soleil : Euh, bon très bien... Et la porte X ?

Jupiter : Ah oui, je l'ai ouverte, mot de passe : « Nous explorons ».

Pluton : Cela semble logique.

Lune : Nous n'y allons pas ?

Jupiter : Et manquer un repas gastronomique ? Mais vous n'y pensez pas ma chère ! Nous verrons cela après avoir rempli notre ventre, nos chances n'en seront que meilleures ! Allez, vous êtes mes invités.

Et tous se glissent dans l'orifice qui les mène au dôme.
Dans le dôme, les planètes partagent leurs expériences sur leurs parcours respectifs ne se souciant guère du temps qui passe. Jupiter raconte avec enthousiasme sa découverte de la pièce IV, tandis que Venus se plaint de ses mésaventures dans la pièce I. Mars se sentant heurté par sa coéquipière sur la maison dont il est le maître, lui rappelle avec rage qu'ils ont fini par trouver un terrain d'entente dans la maison VIII par une torride étreinte. Venus rougit provoquant l'hilarité de toute l'assemblée.


Soudain, au centre de la table émerge un chapeau.
Neptune avale de travers sa gorgée de vin tandis qu'Uranus s'exclame :

Uranus : Chouette ! Une surprise !

Les autres, dubitatifs, lisent attentivement l'inscription sur ce haut de forme. Lune sourit en pensant à Soleil qui pourrait l'utiliser à des fins théâtrales.

Election d'un chef de groupe.
Une âme innocente plongera la main dans le chapeau pour en tirer un papier.
Le nom y étant inscrit sera celui du chef de groupe

Soleil : Génial, il est vrai que nous avons besoin d'un chef !

Mercure : Oui, ce serait plus pratique.

Pluton : Encore faut-il trouver l'âme innocente ?!

Tous tournent leur tête vers lui et le dévisagent, ils ne sont toujours pas habitués à ses sarcasmes.

Jupiter : Je propose Lune…

Surprise par cet intérêt soudain, Lune sursaute et soutient qu'elle n'en est pas capable, mais poussée par le groupe, elle se voit obligée d'obtempérer. Venus la regarde, envieuse de l'intérêt momentané accordé à Lune, lui soufflant la vedette. Lune observe les réactions de Soleil lorsque sa main tourne les papiers dans le chapeau. Elle lui fait signe de ne pas lui en vouloir si elle ne piochait pas son nom, il la rassure :

Soleil : Je ne compte pas sur la chance pour prouver ma valeur. Ne t'inquiète pas, je ne t'en voudrais pas.

Elle finit par extraire sa main et déplie le papier. Son visage la trahit immédiatement et Soleil sait que le hasard ne lui a pas été favorable, il espère juste que ce ne sera pas Saturne, trop fermé. Lune, timidement, indique alors Jupiter du regard. Celui-ci sourit à pleines dents et quelques applaudissements se font entendre.

Il se lève et n'a pas le triomphe modeste : il gonfle le torse, fait une danse de la victoire, salue l'assemblée, prend le chapeau pour le mettre sur sa tête.

Jupiter : Appelez-moi Monsieur Jupiter ! Ah la chance ! C'est vraiment mon truc ! Bon, très bien, ceci m'a mis en grande forme pour la suite. Je propose d'y aller après un dernier petit verre ! Santé !

Jupiter avale d'un trait son verre et demande aux autres de bien vouloir le suivre. Toute la troupe se réunit devant la porte X. Jupiter, fier de son rôle de leader, prend la tête du convoi et encourage ses alliés :

Jupiter : A l'abordage moussaillons !

Pluton hausse les épaules, ils franchissent tous ainsi le seuil de la porte.





Les précédents épisodes :
A travers la Maison I - De l'éveil solitaire...
A travers la Maison II - De l'acquisition partielle...
A travers la Maison III - De l'idée neuve...
A travers la Maison IV - De l'émotionnel rêvé...
A travers la Maison V - De l'amour noble...
A travers la Maison VI -  De ces petits riens...
A travers la Maison VII - ... Aux identités sociales
A travers la Maison VIII - ...Aux introspections totales

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jeudi 2 novembre 2017

Les contes de Solman - A travers la Maison VIII : ... aux introspections totales



Solman est maintenant associé à Lune pour poursuivre son périple. Les voici entrant dans la maison VIII, secteur considéré comme bien mystérieux, en lien avec l’inconscient, les secrets, les choses cachées, la sexualité, les transformations, l’argent qu’on reçoit des autres.

Cette maison est en analogie avec le signe du Scorpion, la planète Pluton, c’est une maison d’Eau.
Ses mots clés : Héritages, dépossessions, mort et renaissance, contact avec les mondes occultes.

C’est le secteur de l’approfondissement relationnel, c’est dans cette maison qu’on cherche à fusionner avec l’autre, où on teste l’intensité et la profondeur de la relation mais où on recherche aussi notre sécurité intérieure, notre sécurité émotionnelle.
On est mis au défi dans cette maison de s’impliquer pleinement dans la relation, d’accepter de dévoiler nos zones d’ombre, nos angoisses, nos peurs, tout ce qu’on juge en nous de peu valorisant afin de nous montrer authentique face à l’autre, sans faux semblant. 

La maison VIII est aussi un secteur d’argent, ce qu’on reçoit des autres mais aussi nos pertes, ce qui nous est retiré et ce à quoi on doit renoncer : héritage, legs, assurance, rente, suite à une association, un mariage…

C’est donc un secteur de transformation et de lâcher prise, on prend conscience du côté illusoire de la possession, c’est un passage à un état de conscience plus spirituel.


... aux introspections totales

La porte VIII s’ouvre et, immédiatement, une odeur âcre s'en échappe.
Soleil et Lune reculent et s'observent : les autres sont rentrés, les portes se sont fermées.
Un hurlement se fait entendre, Lune se précipite dans les bras de son partenaire. Contrairement à ce que Soleil pensait après avoir touché le fauteuil de Lune dans la pièce précédente, le contact de leur deux natures différentes se révèle agréable, voire même très plaisant. Il sent une douce chaleur se saisir de son corps, une sensation de bien être le parcourir, une douce flamme s'allumer dans son bas ventre.
La voix de Lune le rappelle à la réalité :

Lune : Qu'est-ce que c'était ?

Soleil : Hum... Euh oui... Hein ? Quoi ? Euh, ne t'inquiète pas, cela devait être juste le vent. Enfin, pardon, ne vous inquiétez pas, cela…

Lune : Hi ! Hi !… Je crois que nous pouvons envisager le tutoiement, en effet…

Un cri, semblant être celui de Vénus et venant de la pièce d’à côté, traverse à nouveau les murs.

Soleil : Euh… Oui, oui, c’est ça, le tutoiement… Evitons les chichis, comme l’a si bien dit Mars tout à l’heure… Euh, bon… Ca va ? Tu te sens suffisamment forte pour la suite de l’aventure ?

Lune échange un regard avec Soleil en guise de réponse, ce qui lui fait totalement oublier sa peur ; elle sait qu'il sera à même de la protéger quoiqu'il arrive. Elle répond à son sourire, lui prend la main et faisant un signe de la tête vers la porte :

Lune : A nous la pièce VIII ?

Soleil : C'est parti !

Soleil et Lune franchissent le seuil. Se retournant pour contrôler le déclenchement de la porte, Lune donne un coup de coude à Soleil, trop absorbé par l'atmosphère étrange de la pièce pour avoir penser à la routine de son aventure : revenir sur ses pas. Soleil observe alors à l'emplacement de la porte VIII, une petite flaque d'eau nauséabonde. Il sourit à Lune et hausse les épaules.




Soleil : Toute cette ambiance pour cette petite mare ! C'est assez curieux, je m'attendais à quelque chose de plus... spectaculaire.

Lune : Oui ! Moi aussi, plus nous avançons dans les maisons, plus les portes s'activent de manière grandiose et impressionnante. Mais pas ici... Bizarre.

Soleil : Ne t'inquiète pas, c'est juste une petite pièce ridicule. Allez ! Cela s’annonce finalement d’une grande facilité ici, viens !

Lune : Hum... D'accord. Mais sache que je ne la sens pas du tout cette pièce, moi…

Soleil : Allez viens, je te dis !

Soleil et Lune se séparent pour accroître leur chance de trouver au plus vite le mot de passe ; la pièce est si étrange que Lune ne souhaite pas rester une minute de plus. La maison est composée d'un immense bric à brac où se côtoient cadres et miroirs, livres de psychanalyse et romans noirs, nourritures, fleurs... : une véritable brocante d'objets déjà utilisés ou cassés.

Soleil saisit un cadre représentant une scène de bonheur familial : un enfant sur les genoux de sa mère à côté de son père, tous souriants. Au fur et à mesure que Soleil reste fixé sur l'image, celle ci se met en mouvement, elle prend vie sous ses yeux. Un spectacle visuel démarre.

Soleil : Regarde Lune, les images bougent dans les cadres ! Viens voir !

Lune, de son côté, est occupée à observer un miroir, elle ne lui répond pas. Elle se trouve très jolie, peut être un peu ronde à son goût ; normal elle est en phase d'être pleine, mais une tâche apparaît sur le miroir au dessus du front de Lune. Elle tente de l'essuyer avec ses doigts, rien y fait ; pire, la tâche s'agrandit.

Soleil est concentré sur la mini pièce de théâtre : la mère câline l'enfant, le père l'embrasse tendrement. Soleil aime ces démonstrations d'affection. Il regarde Lune et pense au jour où il osera l'embrasser mais il revient sur le cadre, attiré par une scène qui n'a plus rien d'idyllique : le père saisit l'enfant par le bras et le frappe violemment ; la mère tente de freiner son mari puis se résigne soudainement et se met dans un coin de la pièce ; elle semble assister, complaisante à ce triste spectacle. Soleil est surpris et dégouté. Il jette le cadre par terre pour ne pas voir la suite. Il en prend un autre.

Lune observe la tâche s'agrandir et finalement s'emparer entièrement du miroir. Elle voit alors apparaître devant elle une boule noire au regard sournois et à la mine dévastée. Le sourire de ce personnage n'est pas engageant et ressemble plus à une grimace, il semble même cruel. Lune a l'impression que l'image tente de l'hypnotiser et celle-ci, lui faisant un clin d'œil sarcastique, désigne Lune du doigt et se désigne à son tour. Le cœur de Lune ne fait qu'un bond lorsqu'elle comprend ce qui se passe devant elle : la petite boule noire c'est elle, son côté sombre, ce qu'elle tente de se cacher à elle-même et aux autres.
Lune est de moins en moins rassurée, elle regarde Soleil : si elle l'appelle, il la verra dans toute sa médiocrité et elle ne peut s'y résoudre. Ainsi, malgré sa peur, elle choisit de ne rien faire, ne dit rien et cache sa terreur tandis que la douleur la surprend.

Soleil, de son côté, attend l'animation suivante dans son nouveau cadre : une fillette et son chat. Celui ci, dès la photographie prise, détale à vive allure. La fillette se jette alors sur un balai et hurlant de colère, tente d'assommer son animal de compagnie. Soleil dépité, pose le cadre et jette un rapide coup d'œil sur les autres : une vieille dame et son mari (le mari commence a étranglé sa femme, sans doute pour le tas de pièces brillantes à ses côtés), un militaire recevant une médaille (des fantômes d'enfants mutilés se cachent derrière celui ci sans doute coupable de leurs sorts), etc...   

Voulant se changer les idées, Soleil regarde Lune, mais celle ci lui apparaissant totalement effrayée, décide d'aller à sa rencontre. En chemin, il prend des fleurs qui trainaient dans un vase :

Soleil : Tu as raison Lune, cette pièce est bizarre et j'ajouterai malsaine. Nous nous dépêchons de trouver la porte suivante et nous y allons. Cette atmosphère me glace le sang...
Ha ! Ha ! Ha ! T'as vu ? Je fais de l'humour noir !

Lune ne répond pas. Soleil répète sa blague pensant qu’elle ne l'avait pas entendu, mais toujours pas de réponse. Il arrive à ses côtés, lui tend les fleurs (à son grand étonnement totalement fanées) et lui demande ce qui ne va pas : toujours pas de réponse. Il passe sa main devant les yeux de Lune, ceux ci restant grands ouverts mais sans un seul battement de paupières. Soleil panique, il saisit Lune par les épaules et la secoue tout en lui criant de réagir.

Il est trop tard, Lune est définitivement bloquée dans son corps : elle est pétrifiée. Soleil regarde machinalement le miroir. Il distingue une immense boule noire à côté de ce qui semble être le reflet de Lune, petite boule noire également. Tout à coup, le cœur de Soleil lui fait horriblement mal, il met une main sur sa poitrine et un genou à terre. En un instant, il comprend qu'il s'agit également de son reflet, que cet hideux personnage à côté de Lune et qui vient de mettre une main au sol est bien lui.

Soleil : Quelle horreur ! Quel monstre d'orgueil !

Il sent son corps se tétaniser. Cette pièce oblige donc à se regarder dans sa plus monstrueuse vérité : Soleil a compris le message. Il faut qu’il puisse donner le mot de passe avant qu’il ne soit trop tard. Il tente de se calmer, faire battre son cœur moins vite et regarde aux alentours si la prochaine porte apparaît, mais rien ne se produit. Il reste face à lui-même et lutte de toutes ses forces pour ne pas subir le même sort que Lune.

Il réalise alors que l'eau nauséabonde créée par la disparition de la porte VIII vient se frayer un chemin jusqu'à leurs pieds. Les choses empirent : il est bloqué, son cœur est sur le point d'exploser, il ne peut sauver Lune et l'élément le plus redouté de sa nature est en train de l'attaquer. La douleur se fait fortement ressentir, il fait des efforts surhumains pour se dégager, sans succès. L'eau noirâtre monte désespérément, les voilà maintenant en danger de mort immédiat.
 
Soleil pose son regard sur Lune et distingue une larme s'écouler sur sa joue. Il se met à pleurer à son tour. Il réalise que tout est maintenant perdu, qu’il ne peut plus rien faire. Il se rend compte qu’il a échoué, menti : il n'est pas le meilleur, le plus fort, le plus valeureux ; il n'est rien de tout cela. Dans cette pièce, il n'est plus qu'une image horrible dans un miroir. Le parfum de la mort, sans doute l'odeur de la mare qui grandit encore, parvient jusqu’à ses narines tandis que des algues, des scorpions, de la vase grignotent les cuisses de Soleil.

Dans un effort supplémentaire, utilisant la dernière énergie disponible, Soleil réussit à saisir la main de Lune. Il veut lui montrer qu'il est à ses côtés dans la mort qui les attend. Il l’aime. Il sait qu’elle lui survivra quelques minutes, et qu’elle ne mourra pas de la sensation de froid ou de la noyade mais les algues finiront par l’empêcher de respirer, bloquant sa capacité à respirer sous l’eau.

Malgré la souffrance de son corps et la peine de son cœur, il serre la main de Lune pour lui prouver son amour. Puis, à bout de forces, sa main tombe dans l'eau. Il pleure de douleur et se refait le film de sa courte vie : son incapacité à la sauver, son manque de volonté, sa frustration, son mensonge, son égo, son orgueil. Il se maudit d’avoir jouer un rôle, il aurait dû être vrai, rester vrai.
L'authenticité, c'était peut-être cela le mot de passe, en tout cas c'était une hypothèse qui semblait juste mais le jugement a sonné et la sentence est dure et implacable : Soleil et Lune vont mourir. Il contemple le bouquet qu'il avait dans les mains et les livres qui flottent à la surface de l’eau.
Par une  curiosité mal placée, Soleil lit le résumé de la jaquette du roman intitulé : "Le Portrait de Dorian Gray". Une pointe de cynisme le fait sourire : ce n'est seulement vers la fin de son existence qu'il réalise ses erreurs.

L'eau arrive à son menton. Soleil est surpris d'avoir survécu jusqu'ici mais il sent bien que la vie le quitte tout doucement. Il voudrait hurler à Lune son amour, qu'elle lui pardonne sa bêtise, ses mensonges. Il regrette le temps qui lui a manqué pour lui montrer toute son affection mais aussi ses véritables qualités. Il est maintenant trop tard et dans un dernier regret, une dernière larme, Soleil s’éteint définitivement…

Lune ne voit pas que son compagnon est déjà mort mais elle le sent au fond d’elle-même. Elle ne va pas tarder à le rejoindre, elle cherche désespérément à retrouver la main de Soleil qu’elle  ne sent déjà plus depuis quelques minutes.

Lune : Quelle idiote !

Elle a été menteuse, passive et attentiste, elle a préféré dissimuler ce qui aurait pu les sauver par crainte de ne pas être comprise, aimée. Elle ne sentait pas cette pièce et elle avait raison. Elle aurait du l’alarmer et sauver son partenaire. Elle commençait à l’apprécier plus qu’elle n’aurait voulu et même à le trouver fortement attirant, elle s'attachait à lui.
Mais elle a scellé leurs sorts par son indécision, elle l’entraîne avec elle dans la mort. Des algues pénètrent dans sa bouche, elle commence à suffoquer, l'air devient plus rare. Elle va le rejoindre, ce beau partenaire qu'elle semble de plus en plus aimer… Elle évite de paniquer pour ne pas accélérer sa mort tandis qu’elle jette un dernier regard aux quatre coins de la pièce en espérant un miracle mais en vain. Ses yeux se ferment, elle prend une dernière bouffée d'air et s'évanouit, définitivement.

Le bruit d’un gros mécanisme se fait alors entendre et tout le sol de la pièce amorce une descente encore plus profondément sous l’eau. Les objets et meubles semblent alors s’élever tandis que les deux cadavres de Soleil et Lune pénètrent dans leur éternel cimetière marin. Mais après de longues minutes, une lumière souterraine apparaît soudain. A mesure que le sol s’abaisse, l’eau reste comme figée au plafond et l’air reprend ses droits, la lumière se répand maintenant dans une nouvelle pièce beaucoup plus radieuse et sereine.


Une odeur de printemps, des oiseaux qui chantonnent et une végétation luxuriante, vivante envahissent les quatre coins de ce merveilleux jardin d’Eden. Après l’enfer, serait-ce le paradis ? Une nouvelle vie ? 
Soleil ouvre les yeux. Il toussote, crache l'eau ingurgitée, mais, trop faible, s'évanouit. Lune s'éveille à son tour et vomit les algues. Apercevant Soleil, elle se traine jusqu'à lui s'allongeant à ses côtés. Elle réalise qu'elle a survécu et vérifie le pouls de son partenaire. Celui ci ouvre à nouveau les yeux et avec une grande difficulté, lui sourit.

Soleil : Je suis désolé…  J’aurai dû te dire avant : je t’ai menti et je me suis aussi menti à moi même. Je ne suis pas le plus fort, ni le meilleur, je suis en fait très orgueilleux. Je ne fais que ce que je peux. Je n'ai pas su te protéger, pardonne moi.

Lune : Tu n'as rien à te faire pardonner. Je t'ai menti également : je peux être versatile et paresseuse. Je ne suis malheureusement pas à la hauteur de ce que tu espères.

Soleil observe une éphémère qui vient de se poser sur une plante à côté d'eux. Il regarde Lune et caresse sa joue. Puis se moquant de la situation, finit par improviser :

Soleil : Bonjour je me présente : je m'appelle Soleil et je suis loin d'être le meilleur, je suis un monstre d’orgueil. Mais, si vous me laissez ma chance, je ferai de mon mieux pour me tenir à vos côtés car… Je vous aime.

Lune : Hi ! Hi ! Enchantée Soleil, moi c'est Lune… Je suis faible, indécise, d’humeur changeante mais… Je crois bien que je vous aime aussi.



Soleil plonge alors son regard dans celui de Lune. Il a osé lui montrer sa vérité, sans mensonge, sans faux-semblants. Il se penche, caresse les cheveux de Lune et l'embrasse. De cette pièce, il n'attendait rien mais la renaissance est au bout du cauchemar, du chemin parcouru. Après cette traversée du tunnel, il se sent au sommet de son énergie, il a un sentiment de surpuissance : en se rendant compte de son égocentrisme, il est devenu paradoxalement plus fort. Ne se souciant plus de trouver la prochaine porte et le mot de passe, ils décident de savourer ce petit bout d'Eden. Dans cet instant de bonheur revenu, ils font l'amour intensément et passionnément.

Finalement, les anges les surprennent et posent la question tant attendue, Lune et Soleil rient et en choeur déclarent : « Nous nous transformons ! ».




Les précédents épisodes :
A travers la Maison I - De l'éveil solitaire...
A travers la Maison II - De l'acquisition partielle...
A travers la Maison III - De l'idée neuve...
A travers la Maison IV - De l'émotionnel rêvé...
A travers la Maison V - De l'amour noble...
A travers la Maison VI -  De ces petits riens...
A travers la Maison VII - ... Aux identités sociales

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Reproduction totale ou partielle interdite sans autorisation écrite de l’auteur.
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jeudi 19 octobre 2017

Les contes de Solman - A travers la Maison VII : ...aux identités sociales





Avant les vacances d’été, je vous ai entrainé dans les aventures d’un petit héros symbolisant le Soleil de notre thème, au travers des maisons astrologiques composant la roue zodiacale.
Cette aventure, les contes de Solman, a été écrite par Estelle Galliot, dans un style enjoué, imagé et divertissant.

Voici la suite des contes de Solman. Notre petit héros a découvert et traversé courageusement les six premières maisons, celles de l'hémisphère nocturne appelé aussi hémisphère individuel.
Au cours de ce parcours, Solman a pris conscience de lui-même, de ses capacités, ses limites et s'apprête désormais à entrer en relation avec les autres, à s'ouvrir au monde extérieur, à démontrer sa valeur. 
Il arrive au seuil de la maison VII, appelée aussi Descendant, première maison de l'hémisphère diurne appelé aussi hémisphère collectif (de la VII à la XII).

La Maison VII, est une maison angulaire. Elle est en analogie avec le signe de la Balance et sous la maîtrise de Vénus. C’est la maison de l’autre, des relations avec les autres, des associations, du mariage, de la vie sociale.
- L’Ascendant est la clé de la différenciation, le Descendant celle de la communion -
La VII nous met en présence de l’Autre, mais nous nous trouvons souvent face à nos propres projections car ce sont nos propres désirs qui nous attirent vers l’Autre et ce sont nos propres répulsions qui nous mènent à le rejeter.

Soleil va-t-il faire des rencontres, tisser des relations, s’associer pour poursuivre sa route ? Va-t-il retrouver Lune ?
… aux identités sociales

Soleil franchit le seuil de la porte VII avec entrain, fier d'être parvenu jusqu'ici grâce à sa volonté, son courage et ses valeurs. Il se retourne pour pouvoir admirer l'éveil de la porte lorsque celle-ci disparaît très vite, telle une immense bulle de savon faisant un grand « POP » assourdissant. C'est à ce moment que la pièce VII est plongée dans l'obscurité la plus totale. Soleil a un sentiment de panique, il ne distingue plus rien. Il reste les yeux grands ouverts cherchant ses mains, ses pieds, sans aucun succès, ce qui s’avère des plus étrange vu sa nature incandescente. D'instinct, il recule, se collant contre un mur. La pièce VII est pire que le néant dans lequel il se trouvait au départ de son aventure : avant, il n'avait pas conscience de lui, maintenant, tout est différent et cette pièce ne présage rien de bon, les ténèbres étant revenues.

Soleil reprend ses esprits après quelques minutes qui lui semblent incroyablement longues. Il entend le bruit sourd que fait son cœur dans sa poitrine. Il tente de se calmer : il ne voit rien, certes, mais n'entend rien non plus, donc il ne doit pas y avoir de danger immédiat. Il fait un pas vers l'avant en agitant ses bras devant lui puis se fige : rien, pas de bruit, pas d’obstacle ; Soleil continue. Deuxième pas, deuxième succès. Se sentant plus à son aise, il décide de marcher un peu plus vite. A ses pieds, il sent que le sol n'est pas uniforme. Il s'arrête, se baisse pour évaluer ce qui a pu le surprendre. Il touche le sol et devine la présence d'une ligne droite creusée dans le dur du sol ; elle est froide mais semble être solide. Elle prend peu à peu la chaleur de Soleil qui, se remémorant ses différentes expériences dans les pièces passées, identifie très vite le matériau auquel il a affaire.

Soleil : Du fer !

Soudain, un bruit venant de derrière le pousse à se relever rapidement et à se retourner. Son cœur s'accélère de nouveau : le bruit s'intensifie à une vitesse exceptionnelle et se projette dans sa direction.
Soleil est tétanisé. Il n'a ni le temps, ni les réflexes nécessaires pour s'écarter de ce qui lui fonce dessus dans ce noir désespérant. Il est trop tard lorsque le monstre le renverse d'un seul geste : le voilà captif, à l'envers, la tête emprisonnée.
Le monstre essaye de l'étouffer, Soleil se débat. L'ennemi poursuit son étreinte tout en avançant de plus en plus vite. Soleil ne peut se dégager et se résout à attendre la suite des évènements. Puis le monstre s'arrête de courir tandis que la tête de Soleil s'enfonce de plus en plus dans son étau. Les pieds en l'air, les bras cherchant un appui pour se dégager, il étouffe. Le monstre est sur le point de l'emporter, il va gagner. C'est alors que Soleil entend des rires. Le monstre rit avant de le tuer ! Soleil se débat de plus belle.
Les rires se font plus forts, il entend chuchoter : il y a plusieurs monstres ? Une famille de monstres ! Il a été capturé par toute une tribu qui va le tuer ou même le manger. Il hurle intérieurement.

- Et si nous l'aidions ?

Soleil sent qu'un monstre lui saisit les pieds, il les agite avec frénésie pour gagner du temps. Un autre lui prend les bras, Soleil tente des coups de poings. Il se battra jusqu'à la fin.

- Oh mais il est cinglé celui-là !

D'un coup, Soleil est tiré en arrière, la lumière si longtemps espérée deux minutes auparavant, revient d’un seul coup et l'aveugle. Il respire de nouveau et tente une dernière attaque : tel un lion enragé, il hurle à la mort, lance ses bras dans tous les sens, donne des coups de pieds et réussit à émettre deux ou trois rayons de flammes vers ses assaillants. Il fait face, les poings en avant.

Our Amazing Solar System by Xyleena56

Devant lui, neuf personnages, l'air surpris, le regardent comme s'il était fou. L'un d'entre eux avance d'un pas.

Jupiter : Allons, allons, calmez-vous ! Nous ne vous voulons pas de mal.

Soleil, le cœur battant, toujours en éveil, dévisage ses opposants tout en scrutant la pièce de long en large afin de trouver une issue. Il n'écoute pas les paroles de l’énergumène qui s’est posté devant lui mais remarque dans le fond de la salle, à sa plus grande surprise, celle qu'il voulait  tant rencontrer dans la pièce V : Lune.
Elle le regarde stupéfaite et semble même terrifiée par son attitude.
Les autres observent attentivement le spectacle, ahuris, leurs yeux allant et venant de Soleil à Lune espérant un soubresaut de conscience du nouvel arrivé. Le temps semble comme suspendu tandis que tout le monde attend la prochaine réaction de Soleil. Calmement, il finit par baisser les poings non sans dissimuler la trahison de son coeur : il tremble d’émotion.
Les autres encore sous le choc d'une telle entrée restent sans voix.
Venus surprend alors l’assemblée et applaudit.

Venus : Quelle entrée spectaculaire ! Et d’une drôlerie… Quel jeu d'acteur formidable ! J'ai réellement cru que vous alliez nous frapper… Extraordinaire, vraiment !... Comment vous est venu l'idée, mon cher ami ?

Soleil : L'idée ? Quelle idée ?...

Venus : Et bien, l’idée d'utiliser le siège à l'entrée de la pièce tel un cavalier sur son fidèle destrier, voyons !…

Soleil : Ah oui, le siège ?...

Soleil se gratte la tête et regarde alors ce qui l'a conduit jusqu'ici : un vulgaire fauteuil monté sur une roue dans un axe planté au sol. Gêné, Soleil ne veut pas montrer son erreur d'interprétation de la situation et ne veut surtout pas faire mauvaise impression à Lune ; il décide de cacher sa bêtise. Il gonfle le torse et clame :

Soleil : Tadam ! Je suis le Soleil et je viens vous sauver, ô ma princesse !

Tout le monde s'observe, Venus applaudit à nouveau entrainant avec elle l’assemblée générale dans une crise de rires ; même Lune, dans son coin, semble se détendre,  elle lui adresse un sourire. Soleil tente un clin d'œil et fait une révérence. Il a réussi à faire croire aux autres que tout était voulu, il a réussi à sauvegarder les apparences.


C’est à ce moment qu’une immense table surgit du plancher, regorgeant de victuailles et boissons diverses ainsi que du matériel nécessaire pour pouvoir contenir toutes ces attentions. Venus s'exclame, ravie de pouvoir montrer ses qualités innées d’hôtesse.

Venus : Et bien, bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Venus et je suppose, tout comme dans la pièce II, que nous sommes invités à faire connaissance dans ce qui est, pour ma part, mon ambiance préférée… Venez tous à table pour vous servir !

Jupiter : Oui, il est vrai qu'avec tout ce parcours, j'ai un peu faim.

Celui qui vient de prononcer ces mots est assez volumineux, le sac qu'il porte pourrait contenir Soleil lui-même, mais il déborde déjà d'objets que son propriétaire a ramené des pièces précédentes.

Jupiter : Excusez-moi de mon impolitesse, Madame, je ne me suis pas présenté. Jupiter, pour vous servir !

Venus : Vous êtes tout excusé mon cher ami, nous avons eu l’habitude de fonctionner seul jusqu’à présent… Nous avons le droit à quelques petites erreurs de bienséance… Si vous voulez, nous allons nous présenter les uns après les autres, qu’en dites-vous ?
Nous avons donc Soleil, irrésistible avec son entrée et son jeu d’acteur tout simplement mémorables… Jupiter, à priori bienveillant mais peu enclin aux bonnes manières…
Elle lui adresse un clin d’oeil, puis s’adressant à un petit bonhomme, dans le fond de la salle, apparaissant robuste mais ronchon.

Venus : Et vous, très cher ?

Mars : Moi ?… Mars, M'dame !

Venus : Mars ! Et bien, enchantée…

Un long silence s’installe alors que Venus semble attendre quelque chose. Après de longues minutes et désirant faire cesser le malaise naissant dans l’assemblée, elle finit par prendre les devants et s’avancer vers Mars afin qu’il la salue dans les règles. Elle lui tend la main. Mars, ne sachant pas comment interpréter cette gestuelle, improvise une réponse : il se saisit fermement de la main de Venus et secoue énergiquement sa prise, de haut en bas. Venus, comprenant alors son erreur et le ridicule de la situation, dégage immédiatement sa main et, dissimulant à la perfection sa gêne et son aversion soudaine pour ce personnage, conclut la présentation de ce dernier.

Venus : Et bien, quelle vigueur !… Mars, bestial et primaire. Hum, ensuite ?…

Les présentations s’enchainent alors plus efficacement : Saturne s’avance et d’un ton très solennel annonce son nom ; Pluton préfère demander à tout le monde de deviner le sien mais sans succès finit par le donner ; Uranus, qui refuse de venir près de la table, refuse également de donner son nom, puis obtempère lorsque plus personne ne le lui demande et finit par ne plus vouloir le connaître ; Mercure dont Soleil reconnaît immédiatement la voix, celui de la pièce III ; et Neptune, qui malgré les sons émis, les mimes exécutés, n’arrive pas à se faire comprendre (seul Jupiter parviendra à les entendre et à les assembler).

Tous les regards convergent alors vers Lune qui n'ose toujours pas quitter un des petits coins de la pièce. Venus avec son plus grand sourire, l'invite à se joindre à eux :

Venus : Madame, vous semblez ne pas être à votre aise… Ne vous inquiétez pas très chère, ils ne vont pas vous manger ! Hi ! Hi ! Hi !

Lune : Lu... Lu... Lune. Je m'appelle Lune. Je suis désolée mais j'ai eu un peu peur quand vous êtes entré tout à l’heure et… J'en suis encore toute retournée.

Soleil se voulant rassurant.

Soleil : Veuillez m'en excuser Madame, je ne souhaitais que vous divertir en jouant le rôle d'un personnage assez bête mais drôle. Il n'était pas de mon intention de vous faire peur.

Puis se sentant à son tour rougir d'émotion (ou de son mensonge ?), Soleil évite de justesse un bégaiement honteux et se tait.

Jupiter (regardant Neptune) : Y’aurait-il de l'amour dans l'air ?

Neptune (totalement incompréhensible par les autres sauf Jupiter) : Oui, il semblerait... Finement observé mon bon ami ! Allez, trinquons à cela !

Jupiter (surpris) : J'allais justement vous le proposer…  Mais, vous lisez dans les pensées, ou quoi ?

Neptune (amusé) : Je ne crois pas, non, enfin peut être… Enfin qui sait ? Les pensées sont universelles, vous savez, facile de les capter…

Pluton : Qu’est-ce qu’il dit ?

Jupiter : Il dit que les pensées sont universelles…

Pluton : Ah !… Je dirai plutôt, inconscientes…

Saturne : Sociétales…

Uranus : Géniales…

Mercure : Echangeables…

Venus : Bon, bon, bon… Mettons nous à table. Nous aurons suffisamment de temps pour ces petits jeux dans le futur, je suppose. En attendant…

La voix intervient.

"Vous voilà tous dans la pièce VII. Toutes mes félicitations à toutes et à tous pour être parvenus jusqu'ici ! Merci de bien vouloir prendre place dans vos sièges respectifs."

Toutes les planètes écoutent alors attentivement les instructions, si souvent désirées dans les pièces précédentes. Tous obéissent, même Uranus qui veut bien jouer le jeu se souvenant du pacte passé avec la voix dans la pièce V, pièce dans laquelle Uranus a eu besoin d'aide.

"Vous trouverez des fiches de présentation que vous lirez à tour de rôle dans un ordre bien précis. Vous ferez donc mieux connaissance. A la fin de cet exercice, il vous sera demandé de faire des équipes de deux pour la suite des évènements. Merci de votre coopération."
Pluton : Voilà un petit jeu comme je les aime !

Saturne : Moi pas !

Soleil invite Lune à s'assoir sur son siège composé de glace. A son contact, Soleil grimace mais tente de cacher sa douleur.

Lune : Merci.

Soleil : C'est un plaisir...

Soleil s'assoit à son tour dans son siège et déclenche ainsi le jeu de la voix : il s’avère être le premier. Le projecteur installé au plafond et que personne n’avait remarqué jusqu’à présent, se braque instantanément sur lui. Peu rassuré de ce qu'il va devoir faire, il reprend rapidement le contrôle de lui-même pour éviter de montrer ses peurs et se saisit de sa fiche posée devant lui sur la table :

Il regarde autour de lui : cette lecture le laisse perplexe.
Il ne comprend rien aux termes des signes, retrouve quand même sa devise et le fait que la désignation anatomique lui corresponde bien, en revanche le terme Ego ne lui plait guère même s'il est pourtant ravi de ne rien découvrir dans la case Défaut.
Quant à la musique, il ignore totalement ce que c'est, et visiblement, il n'est pas le seul.

Mercure : Il me semble avoir déjà rencontré ce terme de musique dans mes nombreuses lectures mais je ne suis pas sûr d'avoir bien intégré ce concept. Il reste néanmoins que c'est un art.

Neptune : Personne ne sait ce qu'est la musique ? Suis-je le seul ? Je veux bien vous faire part de ma connaissance en la matière…

Le projecteur se déplace sur Lune qui, surprise d'une telle rapidité de l’objet, pousse un cri  d’effroi, stoppant Neptune dans sa tentative d’explication et Jupiter dans sa tentative d’interprète. Tremblante, d'une voix mal assurée, Lune finit par lire sa fiche.

A chaque fois que quelqu'un tente d'expliquer un concept ou une devise qui lui est propre, le projecteur se braque sur une planète différente obligeant ainsi tout le monde à survoler les caractéristiques de chacun rapidement et sans commentaires.

Toutes les fiches s'enchainent à grande vitesse. Mercure donne l'idée qu'il est un messager, Venus qu'elle affectionne l'harmonie, Mars (ayant des difficultés à lire) finit par imiter Neptune et mime toutes les inscriptions : tout le monde comprend que c'est un combattant. Jupiter appuie sur son don d'explorateur et Saturne le tempère immédiatement en lui indiquant sa préférence pour la rigueur, Uranus rechigne à parler mais finit par dire un mot : liberté ! Neptune, que Jupiter décode instantanément, s'envole dans ses explications en ne lisant jamais sa fiche (illuminé ?) et tout le monde finit par apprécier le changement intervenant du plafond qui passe à Pluton. Celui-ci dans un sourire narquois lit sa fiche en effectuant des corrections que personne ne comprend et ne tolère. En effet, il ose dire à la voix qu'elle n'a pas su le décrire. Pluton regarde alors les autres.

Pluton : Mes amis… Ou ennemis d’ailleurs… La frontière est tellement étroite. Mes amis, donc, nous avons tous lu nos fiches avec plaisir et moi aussi je me suis amusé à rentrer dans ce jeu, pour le moins superficiel. Toutefois, je dois quand même vous annoncer que ces fiches sont loin d'être complètes. En dehors du fait que nous n'avons pas de défauts à l'heure actuelle, ce dont je doute assurément, nous ne connaissons que ce que la voix veut bien nous dire.

Neptune : Les anges…

Jupiter : Les anges…

Pluton : Si vous voulez, Neptune… Les anges, donc, nous disent bien uniquement ce qu'ils veulent… Faut-il leur faire confiance ?

Les planètes se regardent stupéfaites d'un tel comportement. Mais pour qui se prend-il celui-là ? Il se croit au-dessus des anges ? De quel droit juge-t-il ? Ils se détournent tous de Pluton qui, comme s'il le sentait, sourit de sa provocation et ajoute.

Pluton : Hum... C'est tellement facile de vous déstabiliser.


 Le projecteur s'éteint, cinq portes VIII apparaissent et les anges prononcent :

"Chaque équipe doit rejoindre une porte VIII. Vous écrirez alors à l'aide d'une craie ce que vous avez appris ici sur l'ardoise attachée à chaque porte. Vous avez cinq minutes, merci. "

Panique autour de la table, personne n'a encore eu le temps de se choisir un compagnon de route, ni de réfléchir au mot de passe de la porte VIII mais les affinités de certains parlent d'elles-mêmes et les choix se décident assez vite.

Jupiter : Hé Nept ! Tu fais la route avec moi ?

Neptune : Avec un très grand plaisir ! Vous semblez un très bon compagnon de route. Je vous éveillerai à la spiritualité...

Jupiter : Hum... Vous verrez que je ne suis pas en reste sur le sujet. Et je vous montrerai comment être toujours optimiste, telle est ma devise !

Venus : Mars, seriez-vous opposé à me servir de protecteur ? Vous semblez si robuste, je serai en sécurité.

Mars : Avec moi vous serez à l'abri, ouais M'dame ! Mais évitez vos chichis, cela me tape sur le système.

Venus : Oh vraiment ?! Vous me faites rougir. Je vous apprendrai le bien fondé de l'harmonie.
Mars : Mouais, ben, l'aventure va être longue...

Pluton : Qui pourrait, et surtout oserait, me servir de partenaire ?

Mercure : Moi je veux bien. Vous semblez d'une richesse intérieure exceptionnelle et j'avoue être très curieux.

Pluton : Etes-vous prêt à me subir ?

Mercure : Oui, cela me fera progresser, non ? Je peux prendre des notes ?

Saturne : Bien, Uranus, je ne me vois pas faire la route avec ce Soleil et cette Lune ridicules, ils me feraient perdre mon temps, mais vous semblez vif et rapide, à nous deux nous allierons endurance et vitesse. Cela vous tente-t-il ?

Uranus : Pas le choix de toute manière ! Si ça ne tenait qu'à moi, je serai parti seul !

Soleil : Bien, nous sommes tous les deux Lune, si je comprends bien.

Lune : Cela me convient parfaitement. Et vous ?

Soleil : Je n'aurai pas espéré mieux.

Ils se dirigent vers les portes et commencent à se concerter en chuchotant pour ne pas donner d'idées aux uns et aux autres.

Jupiter : Vous avez une intuition ?

Neptune : Hum... Ensemble ?

Jupiter : Ça me semble cohérent, en effet !

Pluton : Il est évident que la pièce VII n'est en fait que l'opposé de la pièce I.

Mercure : Cela semble juste en effet. Le message de la pièce I : « je suis ! ».

Pluton : Donc le message de la pièce VII : « nous sommes ! ».

Saturne : Contrats, divorces, associations, unions, conflits. Qu'en pensez-vous ?

Uranus : M'en fiche !

Tout d'un coup, s'adressant à tout le monde, Venus déclare :

Venus : Mais que faites-vous tous ? Ce n'est pas une compétition !

Mars se frappe la tête contre la porte, de rage. Il tente de bloquer Venus dans ses paroles en mettant sa main sur la bouche de celle-ci, elle réussit néanmoins à parler :

Venus : « Nous sommes » ! C'est bien ce que nous devons tous écrire. Oh ! Mais lâchez-moi Mars, enfin, puisque je vous dis que ce n'est pas une compétition !

Tout le monde écrit sur ces tablettes le mot de passe. Toutes les portes s'ouvrent et en silence, chaque équipe s'enfonce dans la pièce VIII non sans une dernière intervention surprise de Pluton.

Pluton : Etes-vous sûre Madame que ce n'est pas une compétition ? Peut-être avec nous-mêmes, qui sait ?







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