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"A défaut de comprendre qui nous sommes et d'où nous venons, je ne pense pas que nous puissions réellement progresser " Louis B. Leakey

lundi 3 juillet 2017

Les contes de Solman : A travers la maison VI - De ces petits riens...



Nous avons quitté Soleil prêt à franchir la Maison VI mais retenu par son attirance pour Lune. Il va devoir néanmoins poursuivre son aventure et franchir cette nouvelle porte qui va le mener dans une nouvelle énergie et va nécessiter qu'il déploie des qualités de patience, de réflexion, d'analyse, de logique pour voir s'exprimer les fruits de son labeur.

La Maison VI est en analogie avec le signe de la Vierge et la planète Mercure. Ses mots clés sont devoir, travail, santé, service.
Elle concerne notre vie quotidienne, routinière, nos obligations et contraintes imposées par l'existence. Elle est en lien également avec la notion de service et c'est aussi un secteur qui concerne notre santé et notre hygiène de vie.

Dans cette maison nous avons à développer nos capacités d'adaptation, elle nous met face à nos doutes et implique des remises en question.
C'est le secteur du travail quotidien non librement choisi, du perfectionnement, de l'amélioration de soi, de l'apprentis-sage.

C'est en VI que nous devons apprendre à poser nos propres limites, faire preuve de discrimination, distinguer ce qui nous appartient en propre et ce qui appartient aux autres, sans nous laisser envahir par leurs émotions, leurs peurs, leurs états d'âme, leurs attentes.

Soleil termine donc sa traversée du deuxième quadrant - de la IV à la VI - lié au processus d'individualisation, où nous apprenons à être et à agir selon notre signature personnelle et à trouver notre sécurité dans cette autonomie.

La sixième maison est l'étape de l'ultime différenciation, c'est le dernier secteur de l'hémisphère boréal, situé au-dessous de l'horizon, du monde du Moi.
Les six étapes de cette hémicycle nous ont construits et structurés de manière autonome. Ainsi nous sommes prêts à établir des relations plus matures, affranchis que nous sommes de cette attitude qui prend toujours l’ego comme centre ultime de référence.
Désormais, nous devrions aller librement vers les autres sans que les rencontres soient piégés par nos attentes et nos manques, sans qu’elles soient prédéterminées par le cadre de nos schémas et de nos croyances.

Source : Les parents dans le thème de naissance. Ciel, mes Aïeux. Eric Berrut - Editions de Janus. 


De ces petits riens...


Soleil ne se lasse pas de regarder Lune. Des heures se sont écoulées lorsque la voix le surprend :

- Il est temps, Soleil, de continuer...

Refusant de prêter attention à cette dernière, Soleil se bouche les oreilles. La voix reprend :

- Allons, allons, pas d'enfantillages, Soleil ! Il est temps de repartir.

Soleil : Mais, je veux l'attendre, elle va arriver, elle est dans la pièce IV, elle ne va pas tarder.

- Cela ne marche pas ainsi, Soleil, franchit la prochaine porte !

Soleil : Non !... Je refuse, je suis bien ici et je vais l'attendre.

L'image disparaît dans le dôme. Soleil se lève, furieux, et hurle son mécontentement. La voix conservant son calme :

- Franchis la prochaine porte, sinon je serai au regret d'arrêter la quête pour toi et tu perdras tes chances de revoir Lune.

Soleil surpris par cette révélation, l'interroge :

Soleil : Je vais la revoir ?... En vrai ?

- L'espoir fait vivre, Soleil, l'espoir fait vivre…

Soleil, déçu de l'indifférence de la voix, décide de franchir la porte VI en regardant une dernière fois le dôme, espérant une nouvelle image de Lune, en vain.

La tête baissée, le goût de la découverte ayant disparu, il pénètre dans la pièce VI. Il s'assoit sans faire attention à ce qui l'entoure : il pleure. Il aurait tant aimé attendre Lune, la rencontrer, l'aimer.
L'espoir ? Qu'est-ce que c'est au juste ? Le sentiment de croire que cela peut arriver, qu'il peut la rencontrer, la serrer contre lui. Si la voix lui a dit cela, il doit y croire, non ? Il relève la tête : il est le Soleil, il est le meilleur, il a de la volonté et si sa volonté est de croire qu'il retrouvera sa bien aimée quelque part, alors il y arrivera. Il faut qu'il franchisse tous les obstacles, qu'il rencontre la voix et que celle-ci lui permette de rencontrer Lune !

Soleil : Allez !

Soleil se met debout en un bond, regarde autour de lui, tout est dans la pénombre. Il revient sur ses pas, il faut faire les choses correctement et voir comment se comporte cette nouvelle porte.
A peine a-t-il pensé cela qu'une nouvelle porte apparaît.

Soleil : Non, pas maintenant, pas la voix, pas la question ! Je ne suis pas prêt.

A son grand soulagement, la voix ne dit rien. Il se dirige alors vers la porte VII et tente de l'ouvrir, sans succès. Il hausse les épaules et retourne sur ses pas, il fallait tenter…

Pendant ce temps, la porte VI a disparu sous une avalanche de terre. Il ne peut la franchir et retourner dans la pièce V. Peut-être que Lune y était déjà ?
Soleil vit un moment de désespoir...

Soleil : Non, ne pas céder ! Avancer coûte que coûte !

Il analyse la situation : il y a de la terre, cette matière est brune et picote un peu, probablement la présence d'eau à l'intérieur. Il en conclut que la pièce est moyennement dangereuse.
Soleil fait demi-tour et constate la présence d'une étagère remplie de différents objets.
Sans réfléchir, il se dirige vers elle. Ne prenant pas non plus de précautions, il agrippe tous les objets à sa hauteur mais certains sont en bois, d'autres en plastique. Il est tellement en colère de n'avoir pas rencontré Lune que ses gestes sont trop rapides et il évite de justesse le fait de brûler toutes les breloques de la pièce VI.

Soleil s'arrête et réfléchit. Il ne peut pas saisir les objets ici, mais s'ils sont là c'est que cela sert à quelque chose. Il en déduit qu’il doit y avoir un moyen pour lui de les utiliser quand même.
Il tourne dans la pièce à la recherche d'un signe et il trouve : des gants !
Ils sont faits pour lui, comme d'habitude, en lave séchée et trônent sur le rebord le plus bas de l'étagère.
Il comprend immédiatement comment les mettre et, mieux armé pour continuer, il dépouille l'étagère de ces trésors avec méthode : il installe les différents ustensiles bien en ligne au sol.
Après quelques minutes, tout est à terre. Il se penche vers les objets et essaye de trouver leurs fonctions.
D'abord, il ouvre un sac en plastique avec précaution et voit qu'il est rempli de terre. Il regarde à l'intérieur d'un petit coffre dans lequel reposent plusieurs sachets, en choisit un et l'ouvre. Son geste étant un peu hâtif, ce que contenait cette pochette s'éparpille dans tous les sens. Des petites billes pénètrent dans ses yeux, son nez, s’étalent sur l'étagère et au sol. Il finit par lire le nom inscrit sur le sachet : graines.

Soleil : Rrr… Fait attention !… Bon, ne pas aller trop vite...

Il regarde attentivement des tiges en bois qu'il a alignées sur le sol : une possède un bout recourbé en fer, une autre, une barre horizontale d'où partent des minis barres verticales (en fer également) et un outil plus ou moins curieux que Soleil peut tenir dans une main et qui, dès qu'on le pince, montre ses « dents ».
Il ne voit pas, à cet instant, l’utilité de ces différents objets, il continue son inspection.


Il remarque une énorme masse en acier. Celle-ci représente des oiseaux entourant quelque chose qui ressemble à un personnage ; une sorte de corps qui porte un vase. Il y a aussi une manette, qu'il actionne, mais rien ne se produit. Et pour compléter l’énigme, un autre objet des plus étranges, trône à côté de la masse: une sorte de récipient en plastique avec un bec à petits trous. Il réfléchit mais ne voit toujours pas le point commun de tous ces objets.  Il craint de ne pas comprendre le sens de ce qu'il doit apprendre dans cette pièce, il persévère : peut-être que le dernier objet l'aidera à percer le mystère ?

C'est un cadre comme ceux qu'il a vu dans la pièce IV mais il ne représente pas une personne mais une chose: un paysage verdoyant et magnifique. Sur ce qui ressemble à un sol, s’élèvent de fines tiges vertes et, comme suspendues en l'air des belles choses roses qui déploient leurs bras dans différentes directions. Surplombant ce paysage, une immense masse jaune.

Soleil : Hum ! On dirait moi...

Pour finir, au milieu du cadre, la masse en acier (indiquée « statue ») déverse de l'eau coulant le long du sol par l'intermédiaire de petits canaux bruns. Soleil s'avance au milieu de la pièce afin de l’inspecter mais manque de chuter sur un obstacle. Il reprend ses esprits et remarque une différence de niveaux au sol. Il s'éloigne pour avoir une vue d'ensemble : deux grands carrés s'étalent, parallèles et de mêmes dimensions. Il jette de nouveau un œil sur le cadre. Il y a également sur cette belle image, deux immenses carrés vert et rose, la statue se situant au milieu.

Le déclic se fait : Soleil retourne vers l'énorme masse en acier et la déplace avec difficulté jusqu'au centre de la pièce sur une ligne qui sépare les deux carrés au sol. Il est en sueur. Il sourit lorsqu'il aperçoit un trou dans le plancher, cela doit forcement aller avec la tige qu'il a vu sous la statue lorsqu'il l'a transportée. Il enfonce la tige dans le sol et fixe la statue dans l'alignement. Il sent alors une légère pression bousculer la masse en acier et décide d'actionner le levier encore une fois. Mauvaise surprise : de l'eau se déverse du faux vase. Il saute dans tous les sens pour éviter d'être touché par les gouttes et remet le levier dans sa position d’origine.
Son calme revient la minute suivante, l'eau ne coulant plus. Soleil comprend immédiatement qu'il peut contrôler la force et le débit de l'eau grâce au levier qu'il a actionné, il va pouvoir ainsi maîtriser les dégâts.
Par déduction, il comprend alors ce qu'il doit faire : observer d'abord le cadre, reproduire ensuite dans la réalité et tout se mettra en place pour trouver le mot de passe et sortir de la pièce VI.

Soleil prend le sachet de terre après avoir conclu que la seule couleur brune qu'il ait vue sur le cadre, se situe dans les grands carrés. Il y jette la terre en essayant de se servir des bords du léger renfoncement, qu’il a pu apercevoir, comme d'un niveau maximal à ne pas dépasser. Il marche sur celle-ci afin d'égaliser le niveau même s’il ressent de très légers picotements sous ses pieds : c’est bien peu de souffrance s’il parvient à son objectif. La première étape semble ainsi réalisée. Soleil regarde de nouveau l'image dans le cadre : du rose et du vert…  Mais il a un problème : rien n'est ni rose, ni vert dans les objets qu'il a pu trouver dans l'étagère.
Lui vient alors une intuition étrange : les graines. Il a pu observer que ces billes n'étaient pas totalement brunes. Il ouvre tout doucement un autre des sachets à sa disposition et analyse la couleur des petits points à l'intérieur.

Soleil : Mince, ce n'est ni vert, ni rose !

Il revient au centre de la pièce et s'assoit près de la statue. Il est bloqué dans ce casse-tête, il décide de faire une pause. Sans faire attention, il renverse un peu le sachet et une bille tombe dans l'eau qui s’était déversée quelques minutes auparavant sur le sol. Sous ses yeux, la carapace extérieure de la graine se déforme et éclate : un mince filet vert apparaît, fragile.
Soleil sourit, se lève et jette les graines dans la terre. Mais, contre toute logique, elles restent à la surface et n'explosent pas. Alors qu’il était persuadé d’avoir enfin trouvé toute la solution de l'énigme de la pièce, il désespère de ne pas obtenir le résultat escompté : rien ne semble aussi simple qu’il n’y paraît ici.

Soleil : Ah, oui ! L'eau !

Il avait oublié cet élément primordial. Il inspecte de nouveau son classement d’objets hétéroclites sur le sol où il ne reste plus que les tiges et l'objet curieux et inclassable : c'est toutefois ce dernier qui retient son attention et qui pourrait convenir pour contenir de l'eau. Avant de repartir au centre de la pièce, il décide de prendre la tige horizontale, aux multiples dents verticales,  en supposant que ceci l’aidera à faire rentrer les petites billes dans la terre plus facilement.

La deuxième étape commence : faire des lignes avec la tige en fer dans la terre, y jeter les graines, prendre l'objet bizarre, y mettre de l'eau, puis la déverser sur la terre. Après quelques minutes de travail, un spectacle fascinant se déroule devant ses yeux : l'eau disparaît au contact de la terre qui absorbe les gouttes qu'il déverse consciencieusement en longeant lentement les deux grands carrés. Il attend la suite mais rien de plus ne se produit. Soleil commence à s’énerver.

Soleil : Pourquoi cela ne marche pas ?! Il manque encore quelque chose ?

Il retourne de nouveau devant la statue, se rassied et effectue un ultime effort d'analyse.

Soleil : Ici, tout doit être fait parfait pour arriver au but. Mais quel but d'ailleurs ?

Il ne le sait pas, il verra bien… Il réfléchit : la terre c'était le brun, les petites billes c'est le vert, il en est sûr, il a pu le voir grâce à son expérience fortuite. Il n'a toujours pas le rose mais chaque chose en son temps, il doit d’abord faire apparaître le vert. Il sait que l'eau est utile pour casser l'écorce. Mais qu'est-ce qu'il manque ? Il récapitule : la terre, l'eau, l’air…

Soleil : Lumière, feu ! Mais oui, c'est cela !

Il se tenait tout près de la graine lorsque celle-ci est devenue verte : il fait partie des éléments nécessaires à l'éclatement de la bille. La boule jaune dans le cadre, c'était bien lui ! Son intuition était la bonne. Mais comment parvenir à se mettre en hauteur ? Plus aucun objet ne sert à cela dans la pièce. Il se concentre : la pièce demande analyse et logique ainsi que beaucoup d'efforts de travail. S'élever dans les airs sans aucun perchoir est quelque chose de difficile à réaliser, sauter serait déjà un bon début. Alors Soleil se met à sauter sur place.

Soleil : Plus haut ! Plus haut ! Allez concentre toi, pousse sur tes jambes !

Ses sauts sont de plus en plus hauts mais il fatigue.

Soleil : Ne pas abandonner ! Rester volontaire !

Il se concentre et saute une nouvelle fois. Il lui semble qu'il reste suspendu un petit moment avant de retomber. Il réessaye ; le saut est plus haut et il reste vraiment plus longtemps en l'air.
Il s'encourage :

Soleil : Allez ! Pour revoir Lune !

Dans un dernier effort, il met toute son énergie dans le dernier saut, il est épuisé mais ne veut pas flancher. Il vole enfin haut dans le ciel de la pièce VI et reste perché dans le vide, immobile.
Il est heureux de l'effort accompli et de sa volonté qui ne l'a pas quitté ; il rit.
Ses rayons se déploient, la pénombre recule : il a réussi, avec son courage, à faire l'impossible.
Le paysage verdoyant du cadre prend forme dans la réalité. Les tiges vertes apparaissent régulièrement dans les carrés (qui paraissent minuscules vus de haut). Et comme par miracle, au sommet de ces tiges, la couleur rose se montre enfin. Soleil est épuisé et redescend doucement vers le sol, il s'allonge et s'endort.

Lorsqu'il se réveille, le paysage semble moins beau, certaines tiges sont devenues brunes et sèches. Cela ne ressemble pas à l'image dans le cadre. Soleil ne comprend pas ce qu'il s'est passé durant son sommeil, tout semble terne, tout est mort. Tout ce travail pour rien ?

Soleil : Non ! Par pitié ! Je ne vais pas devoir recommencer ?… C’est trop dur…

Ce moment de désespoir lui fait repenser à Lune ; il souhaite de tout son cœur la retrouver, c'est si important pour lui qu'il ne doit pas perdre de vue cet objectif, il se doit d'arriver au but qu'il s'est fixé.

Alors il se ressaisit, s’encourage et prend le dernier petit objet qu’il n’a pas encore utilisé, celui qui montre ses dents acérées dès qu’on le pince. Il comprend à postériori son utilité : il coupe les mauvaises tiges.

Soleil reprend de l’eau grâce à l’objet en plastique, la déverse, puis il décide de mettre toutes les chances de son côté pour éviter de devoir refaire cette deuxième étape encore et encore : il s'empare de la dernière longue tige qui semble suffisamment solide pour creuser tout le long des carrés les petits canaux qu’il avait oublié de réaliser la première fois.
Après ce travail effectué, il la casse en deux et coince une des deux parties dans le levier de la statue déversant de l’eau, réglant ainsi le débit de celle-ci. Les rigoles creusées quelques minutes auparavant s’imprègnent de l’eau plus durablement que lors de la première tentative. Il regarde le cadre une dernière fois : tout est exactement à l'identique, il n'aura plus de problème, tout est parfait.

La dernière tâche lui revient, il se met de nouveau au centre de la pièce, se concentre une nouvelle fois et saute. Un seul bond suffit désormais pour rester en l'air. Il déploie alors ses rayons, épanoui et encore plus heureux que la veille. Le paysage obtenu est définitivement identique au cadre.

A ce moment, une douce odeur parvient à ses narines. Soleil descend de sa lévitation et se dirige vers ce parfum dont les bulles roses en sont la cause. Il inspire, expire, il sent le bout des tiges.



Soleil : Qu’elle odeur merveilleuse…

La voix l’interrompt :

- Pour franchir le seuil de cette nouvelle porte, tu dois définir ce que tu as appris ici.

Il se saisit du coupe-tiges (il l'a baptisé ainsi), prend une belle branche avec plusieurs bouts roses et l'amène jusqu'à la porte VII.

Soleil : « Je travaille ! », c'est le mot de passe !

Bien, Soleil, j’autorise la porte VII à s’ouvrir.

Avant de franchir la porte VII définitivement, Soleil se retourne et, pour la première fois, fait preuve d’analyse et de prudence : il choisit de prendre un élément essentiel représentant la pièce dans laquelle il se trouve. Ceci lui sera peut-être d'un grand secours pour la suite : de la terre.




Les contes de Solman :
A travers la Maison I - De l'éveil solitaire... 
A travers la Maison II - De l'acquisition partielle...
A travers la Maison III - De l'idée neuve...
A travers la Maison IV - De l'émotionnel rêvé...
A travers la Maison V - De l'amour noble...

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Reproduction totale ou partielle interdite sans autorisation écrite de l’auteur.
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lundi 26 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison V - De l'amour noble...




Soleil poursuit son voyage au travers des maisons du zodiaque. Le voici qui arrive dans un secteur du thème où il se sent tout de suite comme chez lui.

La Maison V symbolise notre expression créative, notre expression personnelle sous toutes ses formes : enfants, jeux, joies, amours.
Elle se rapporte aux loisirs, aux distractions, à l'éducation, à notre besoin d'être reconnu.
C'est la maison du premier enfant, le secteur de notre descendance, notre capacité à aimer autrui.
Son mot-clé : Je donne naissance à.


De l'amour noble...

Soleil franchit la porte et contrôle qu'elle se soit bien activée.

Soleil : Quel bonheur !

D'un beau rouge vif, la porte V s'anime d'un feu géant. En fait, la porte a totalement disparu pour laisser place aux flammes.

Il regarde la combinaison laissée derrière lui mais sent qu'il n'en a plus besoin. Le feu est son élément, il le sait maintenant. Il ose passer sa main dans l'ouverture, à travers les flammes et instantanément sa vitalité revient. Il sent même comme un regain d'énergie. Il décide de les traverser.

Le sol est sec devant lui, l'humidité de la pièce IV s'évanouit. Soleil est ragaillardi.

Soleil : A l'assaut !

Cette pièce V est, de prime abord, beaucoup plus sympathique à traverser que les deux dernières. Dans celle-ci, aucune trace d'eau mais des volcans, des brasiers, des feux de camp, des incendies grignotent des morceaux de bois. Soleil avait justement une petite faim et se jette sur un rondin qui traînait devant lui, sans aucune hésitation.

Soleil : Les émotions, ça creuse !

Il met le bois à sa bouche.

Soleil : Divin ! Quelle pièce merveilleuse !

Serait-elle faite pour lui ? Elle est à sa dimension, elle lui offre à manger (des morceaux de bois de toutes les tailles sont préservés de la chaleur dans une sorte d'aquarium en verre), à boire (il vient de voir de l'essence dans un récipient posé à même le sol), elle le revigore (un caisson d'oxygène crache des petites bulles qui dansent sur ses pieds pour les soigner définitivement de son passage dans la pièce IV).
Même les objets sont en acier et en verre pour lui faciliter leurs prises. Mais si cette pièce est faite pour lui, alors il devrait savoir ce qu'il y a à apprendre ici ? Il regarde autour de lui pour voir si la prochaine porte est apparue ; non, toujours pas.
La déconvenue de Soleil est grande, lui qui pensait pouvoir continuer rapidement son aventure. Néanmoins, cette pièce reste fort accueillante et il goûte à ses plaisirs.

Il remarque près de l'entrée de la porte V, deux caissons. Un de grande taille, l'autre plus modeste,
tous deux fermés (certainement pour éviter que la chaleur ambiante ne vienne brûler leurs contenus).
Il s'approche et lit les inscriptions suivantes : Combinaisons et Lunettes de Soleil. En ce qui concerne la combinaison, après avoir soulevé l'ouvrant de la caisse la plus grande, il voit très bien ce que c'est : cette chère protection dont il a eu besoin auparavant. Mais ici, Soleil doute de son utilité. En revanche, les lunettes de Soleil l'intriguent. Ce sont « ses » lunettes, elles portent son nom. Il soulève le socle de la petite caisse et prend cet objet étrange confectionné en lave froide. Il le contemple pour essayer de voir à quoi il peut bien servir. Il y a deux cercles noirs en verre, des tiges aux bouts arrondis : c'est une énigme. Ces lunettes ne sont visiblement pas assez larges pour les mettre aux pieds, ni les enfiler sur les mains.

Soleil : Mais oui, bien sûr, les yeux !

Il pose alors les lunettes sur son nez, comprend que les tiges servent à maintenir celles-ci en les fixant sur les oreilles et il regarde autour de lui : noir !

Soleil : Mais cela ne sert à rien ces machins ! Personne ne peut voir quelque chose avec cela sur le bout du nez !

Il les retire et les jette en haussant les épaules. La luminosité à cet instant l'aveugle. Il repense alors intuitivement à l'autre, celui avec qui il a pu parler grâce au télé-machin. Si l'autre n'a pas eu de problèmes pour traverser la pièce III alors que lui a eu quelques difficultés, peut-être qu'ici, c'est l'inverse ? L'inconnu pourrait avoir besoin de ces protections : celle du corps et celle des yeux. Il ramasse les lunettes et les replace dans leur caisson.

Soleil : Je suis peut-être le seul à supporter la chaleur et le feu ?!

Il va plus loin dans sa pensée et conclut que s'il est bien le seul à survivre dans de pareilles conditions alors il est sans doute le plus endurant, le plus fort. Il est certainement le plus puissant, le meilleur, en un mot : le chef. Il éclate de rire. Rien qu'à voir sa facilité à franchir les pièces, sa volonté, personne ne peut lui arriver à la cheville, rien ne lui résiste. Il est fier, gonfle le torse et crie :

Soleil : Je suis le Roi !

Alors étant supérieur au reste du monde, il se doit d'agir et de trouver ce qu'il doit apprendre dans la pièce plus rapidement et facilement que les autres sinon il n'aura plus sa place de numéro 1.
Il continue à observer aux alentours : au fond de la pièce, un dôme en verre se dresse. S'avançant vers lui, Soleil constate la présence d'un panneau avec plusieurs boutons.

Soleil : Encore une machine !

Il sourit, il va pouvoir montrer de quoi il est capable, encore, et réussir, encore. Il se met devant le clavier et actionne le premier bouton. Une lumière rouge apparaît accompagnant un son épouvantable mais rien d'autre ne se déclenche. Il actionne un deuxième bouton ; même lumière rouge, même son.

Soleil : Ce n'est pas drôle !

Il continue, troisième touche : réponse identique.

Soleil : Mais rien ne marche ici ou quoi ?

Découragé, il tente le quatrième et le cinquième en même temps. A son grand étonnement, le bouton numéro cinq reste enclenché, une lumière verte apparaît et le plus merveilleux des sons l'invite à continuer son expérience.

Soleil réfléchit : la machine n'est pas cassée mais il ne suffit pas d'appuyer sur les boutons au hasard, il faut de la méthode. Il faut visiblement enfoncer deux boutons en même temps dans un ordre précis pour qu'un seul s'enclenche. A la fin, toutes les touches seront enfoncées et Soleil pourra obtenir quelque chose, un cadeau, il le sent. Soleil regarde attentivement le clavier ; un peu de méthode, une grande dose de volonté et le tour sera joué. Après tout, il est le meilleur et quoi qu'il fasse il parviendra à son but.
Soleil appuie sur les boutons les uns après les autres en éliminant les probabilités d'échecs au fur et à mesure. Lumières rouges, lumières vertes, sons affreux, sons mélodieux se succèdent dans un concert des plus surprenants. Le troisième et le deuxième bouton sont enclenchés, il continue. Cela devient un jeu pour lui et il y prend un grand plaisir.

Il repense à l'autre de la pièce III, y parviendra-t-il aussi vite que lui et en plus en s'amusant ? Non, pas assez de volonté. Il rit de bon cœur à cette pensée. Oui, c'est bien lui le meilleur. Le bouton numéro un est enclenché. Son cœur bat, la surprise est proche, sa main avance sur le dernier bouton ; adrénaline. Il appuie.



Dans le dôme, une merveilleuse mélodie se fait entendre et une image apparaît : un autre ! Un autre
dans une autre pièce. Il reconnaît la pièce IV. L'autre ne porte pas pourtant pas de combinaison. Elle est assise, paisible et regarde le plafond aux multiples lumières. Elle sourit. Elle semble apprécier la pièce. Elle se retourne vers la cheminée. Soleil peut alors voir son visage. Il est si doux, si parfait : l'autre est très belle !

La prochaine porte apparaît. Soleil n'y prête aucune attention. Il avance vers le dôme et se cogne contre la paroi.

Soleil : Qu'elle est belle ! Qui est-ce ?

Le cœur de Soleil résonne de plus en plus fort dans sa poitrine. L'autre regarde les portraits. Soleil peut distinguer les mots Lune 10512 : Naissance...

Soleil : Lune... Je suis un Soleil, tu es une Lune ?

Le son de la machine devient plus clair et la douce mélodie se transforme en rires. Les rires de Lune ? Il la regarde. Quelle douce chaleur dans son cœur ! Il ne peut la quitter des yeux. Les rires de joie s'intensifient autour de lui.

- Pour franchir...

Soleil sourit. Il observe Lune, sûre d'elle dans la pièce IV. Elle saute à pieds joints dans l'eau. Il a tellement peur pour elle qu'il tend la main et tente de la prévenir :

Soleil : Fais attention, l'eau c'est dangereux !

Mais Lune joue dans l'eau, patauge, saute, plonge, nage. Etonné mais rassuré, Soleil la contemple : elle n'a pas peur de l'eau, elle semble même l'adorer.

- Pour franchir...



Soleil continue d'observer Lune dans les moindres détails. Il ressent pour elle quelque chose d'indescriptible : une fascination mélangée à un profond désir de la prendre dans ses bras, de la serrer contre lui, de lui faire découvrir qui il est, de découvrir qui elle est, de partager ses rêves avec elle, de faire des projets en commun, de faire la route à deux. Il veut la toucher, la sentir près de lui, il donnerait tout pour que ce dôme en verre n'existe plus, que ce barrage entre elle et lui ne soit plus.

La voix hurle :

- Pour franchir le seuil de cette nouvelle porte, tu dois définir ce que tu as appris ici.

Soleil sursaute mais reste obnubilé par l'image de Lune. Il s'assied, le regard toujours fixé sur celle-ci, inspire doucement et venant du plus profond de son cœur murmure :

Soleil : J'aime...  💓

Silence. La nouvelle porte s'ouvre et la voix ajoute :

- Soleil, prenez tout le temps qu'il vous faudra.




Les contes de Solman :
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lundi 19 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison IV - De l'émotionnel rêvé...




Notre petit héros continue son voyage à travers les maisons astrologiques. Après avoir découvert et traversé les trois premières maisons du premier quadrant, le voici qui aborde le deuxième quadrant en entrant dans la Maison IV, qu'on dénomme également Fond du Ciel.

Le Fond du Ciel c'est la nadir du thème, en opposition à la Maison X ou  Milieu du Ciel qui représente le zénith. Elle est en analogie avec le signe du Cancer et la Lune.

Ce secteur du thème symbolise nos origines familiales, notre foyer, là où on nait (n'est - être), notre hérédité, les bases de notre personnalité, son centre, la vie intérieure de l'être, la racine de ses intuitions, de ses sentiments, de ses fantaisies et rêves, de ses désirs subconscients. Elle représente également la patrie, notre passé, nos souvenirs, mais aussi nos propriétés immobilières.
C'est en IV que nous construisons nos propres assises, que nous nous ancrons. Pour nous élever vers le Milieu du Ciel, c'est en IV que doit s'établir le sentiment de notre identité, sinon rien de solide ni d'authentique ne pourra se construire.
C'est en creusant en nous-même que nous trouvons la clé de notre identité, celle de la sécurité et de la stabilité.

Au Fond du Ciel nous naissons en tant que sujets autonomes.

(source : Les parents dans le thème de naissance. Ciel mes aïeux. Eric Berrut. Les éditions de Janus)



De l'émotionnel rêvé...


Je : Quelle horreur !

De l'eau se déverse lentement sous son regard médusé. Il sent une douleur intense le traverser en partant de ses pieds, l'impression d'une multitude de coups de poignards le perforant de bas en haut. Il recule et cherche un moyen de se mettre à l'abri en se perchant sur quelque chose.
Mais quoi ? Tout dans la pièce III n'est que bois ou papiers ou encore cartons ; tout ce que « Je » peut brûler de par sa nature.

La peur le saisit et il constate qu'il n'est pas le seul. Les papillons de papier volent sur les étagères en s'entassant pour éviter le contact de l'eau. « Je » recule encore. Le mince filet d'eau continue de se frayer un chemin jusqu'à lui, comme attiré. « Je » commence à se tétaniser.

Je : Ne pas céder à la panique ! Ne pas céder à la panique !

Mais il ne peut plus se raisonner, l'angoisse est trop forte. Après la pièce III, la pièce IV semble pire ! Est-ce que cela va être de plus en plus difficile ? Combien y a t-il de pièces encore ? Est-ce qu'à la fin du voyage, « Je » aura encore une chance de survivre ?...

Je : Ne pas penser à cela ! Non, ne pas réfléchir aux obstacles, les franchir !

Il recule encore et regarde la porte IV impuissant. Comment va-t-il faire ? Les papiers autour de lui semblent se calmer, est-ce un signe ? Non, l'eau continue d'approcher et bientôt elle montera, elle grignotera « Je » lentement et il sera tué dans d'atroces souffrances. Son regard se pose machinalement de la porte à ses pieds, de ses pieds à la porte pour calculer le débit de l'eau, ses chances de survie.

Il remarque près de la porte, deux leviers. Des leviers ?

Je : Cela doit agir sur quelque chose ! Aïe !

Trop concentré sur ce que peuvent bien être ces deux manettes, « Je » oublie de reculer tandis que l'eau s'attaque à son pied gauche. Pris d'une soudaine folie, il se précipite sur un des leviers en hurlant de douleur. Même les papiers autour de lui s'affolent et voltigent en protestation de son inconscience.
Lorsqu'il arrive près du premier levier un doute l'envahit et comme la peur est un sentiment contagieux les papillons s'agitent avec frénésie autour de lui. Et si en l'actionnant il faisait couler l'eau beaucoup plus fort ? Est-ce un risque à prendre ? Aller droit à la mort ? Peut-être même qu'un levier fait cesser l'eau et l'autre la déverse plus vite ? Dilemme.
Il a mal aux pieds, il sent qu'il tombe malade. Sa vitalité le quittera tant qu'il ne prendra pas de décision. Il n'a plus le choix, il faut se décider, actionner un levier, n'importe lequel. Il tente sa chance avec le plus proche de lui. Un bruit sourd accompagne son geste, son cœur raisonne dans sa poitrine. Est-ce la fin ? Il pleure.

Le sol se met à trembler et de minuscules pierres apparaissent à ses pieds tout autour de lui. Elles le portent et le mettent à l'abri. La douleur est moins vive, « Je » prend une profonde respiration de soulagement. Il est en vie et il se reconstitue vite. Sa vitalité revient, moment de répit. Les papillons le ramènent à la réalité en piaillant du haut de leurs perchoirs de fortune. Rien n'a changé, l'eau se déverse continuellement et l'affolement est toujours présent. « Je » pense qu'il faudra qu'il ferme la porte dès qu'il aura réussi à rentrer dans la pièce IV pour préserver la III. Il regarde le deuxième levier, est-ce que celui-ci est dangereux ? Il observe les papillons et se décide à actionner le levier un peu par curiosité.

Je : Triste curiosité...

Si cela doit anéantir la chance qu'il a eu avec le premier. Mais au point où il en est, ça ne pourrait pas être pire (une inconscience et une contradiction de plus dans son esprit) et il tire vers lui la manette.
Se décroche du dormant de la porte IV un énorme scaphandre en lave qui tombe lamentablement dans l'eau près de lui. Les éclaboussures se font ressentir comme une mauvaise rencontre avec un nid de guêpes.

Je : Quel idiot !

Mais, « Je » n'a tué personne !...

Je : Enfin, pas encore !

Il sourit, il sait maintenant que sa volonté est forte et qu'elle le mènera loin en avant : être volontaire sera dorénavant sa devise. Il prend ce merveilleux cadeau qu'est la combinaison et l'enfile avec difficulté.

Je : Où sont les bras, les jambes ?

Il s'y reprend à trois fois et finalement arrive à se protéger de l'humidité ambiante. Il fait coulisser la fermeture éclair. Il revit, sa chaleur naturelle est protégée et l'alimente dans ce scaphandre étanche. Il regarde les oiseaux de papier et leur fait un sourire, ils vont bientôt être libérés eux aussi de la menace de l'eau. Il franchit la porte et revient vite en arrière (éviter de perdre du temps inutilement afin de sauvegarder ces petits trésors de la pièce III).
Grâce au hublot de sa combinaison, il entrevoit la porte se transformer en une cascade géante d'un merveilleux bleu clair. Petit moment de panique sur le sort des papillons, puis « Je » constate qu'au pied de cette cascade un énorme trou avale le surplus d'eau. Plus aucun filet d'eau ne se déverse dans la pièce III, les papillons sont saufs. Il est définitivement rassuré sur leur sort, inutile de chercher le moyen de fermer la porte, il continue d'avancer.

La pièce IV ressemble à une immense caverne. De l'eau coule le long de parois rocheuses et se fraye un chemin au milieu d'un circuit qu'elle a visiblement elle-même creusé sur ces pierres. Il fait sombre, tout autour de lui est dans la pénombre. Il regarde le plafond et voit des milliers de petits points lumineux tapisser ce noir profond. Il saute pour les atteindre mais n'y parvient pas, la hauteur du sol au plafond est considérable. Le spectacle est tellement beau qu'il souhaite se poser quelque part et le contempler. Il marche vers un rocher qui lui semble convenir pour une petite observation. Non sans difficulté de par son accoutrement, il parvient à s'asseoir et lève les yeux vers le plafond ; contemplation. « Je » constate que certaines lumières sont plus brillantes que d'autres, qu'elles semblent plus loin ou plus proches de lui, qu'il y en a tant qu'il a un sentiment de vertige. Il ressent, malgré toute l'hostilité de l'eau pour sa nature, un sentiment de sécurité ; sérénité.

Je : Apaisant cet endroit malgré tout...

Mais quelle leçon doit-il en tirer ? Pour le moment, il ne voit pas ce qu'il pourrait bien dire à la voix et puis il se pose des questions sur la prochaine pièce qui pourrait être pire que celle-ci.

Je : Je garderai la combinaison sur moi !

Pour le moment, un besoin de se reposer se fait fortement sentir et sans s'en apercevoir, « Je » se met à fermer les yeux et tombe dans un profond sommeil.
Il court, saute, il a peur, il est nu et une tonne d'eau se déverse sur lui. Il va mourir ! Sursaut.
« Je » se réveille terrifié.

Je : L'eau ! De l'eau ! Où est-elle ?

Il se touche pour vérifier sa combinaison, il n'est pas nu. Mais d'où viennent les images dans sa tête ?

Je : Où suis-je déjà ? Ah oui ! Pièce IV, l'eau, la caverne, la difficulté.

Il reprend ses esprits et baille. Curieuse sensation que ces images irréelles ! A ses pieds, l'eau caresse la combinaison et il ne peut s'empêcher dans un premier temps de mettre ses jambes en hauteur. Puis, il les repose et observe le va-et-vient des clapotis sur ses pieds. Il tente d'en immerger un et de le poser sur le sol sous l'eau, sans succès. Ça a l'air trop profond.

Je : Que se passerait-il si je glissais ?

Aussitôt pensé, le rocher se met à basculer, poussant « Je » et son scaphandre dans la petite rivière.
« Je » s'affole ; adrénaline. L'eau n'est pas son élément, il ne sait pas comment faire pour sortir. Il tente d'attraper un caillou pour se maintenir hors de l'eau mais il ne parvient qu'à l'arracher de son socle. La roche dans ses mains ne lui est d'aucune utilité, il la jette et maudit cette combinaison qui l'empêche d'être maître de ses mouvements ; colère, rancœur. Il coule, le voilà dans le fond de la mare, seul, sans aucun moyen de remonter ; tristesse. Les images dans sa tête se sont réalisées, il est perdu. Au fond de l'eau, apparaît une lumière ; espoir.

Je : Rester volontaire !

C'est sa nouvelle devise, non ? Il se met en marche mais l'eau et la combinaison le freinent et il lui semble qu'une éternité s'est écoulée avant qu'il n'atteigne la lumière. Sous celle-ci, un mécanisme.

Je : Encore un levier ?!

Décidément, plus « Je » avance dans sa quête, plus il constate que les pièces sont élaborées et que les leçons sont de plus en plus difficiles à apprendre vu la présence de ces machines. Un peu par dépit, il tire le levier et l'eau s'abaisse autour de lui, il revoit la surface, il peut grimper à nouveau sur les rochers en faisant bien attention à ne pas glisser et ne pas casser sa trop précieuse combinaison. Que d'émotions dans cette nouvelle pièce où le danger est partout ! Il se rappelle les pièces précédentes moins difficiles pour lui ; nostalgie.

Il se remet sur un nouveau perchoir et remarque que sa petite aventure dans le fond de l'eau a changé la disposition de la pièce. Si dans son ensemble, le paysage reste celui d'une caverne, voilà qu'apparaît une cheminée.

En son foyer, le feu n'est pas très puissant mais il est néanmoins rassurant pour « Je ». Il peut ouvrir légèrement sa combinaison pour enfin respirer l'air de cette pièce. Un peu de chaleur lui est utile car sa protection est bien fraîche par son séjour dans l'eau ; léger confort.
Il voit sur le haut de la cheminée des dizaines et dizaines de portraits : grands, petits, carrés ou même ovales, ils sont tous accrochés sur le mur de pierre. Il lit les inscriptions sous chacun d'entre eux. Sur l'un est inscrit :

Soleil 10510 - Naissance : 06/11/1927, Mort : 10/02/1984

et à côté de lui,

Soleil 10511 - Naissance : 19/04/1942, Mort : 27/12/2002

En dessous, un cadre vide avec la mention

Soleil 10512 - Naissance : 03/12/1974, Mort : inconnue

Il regarde alors les cadres précédents. Au dessus du cadre du Soleil 10511, il constate la présence de deux autres cadres marqués Soleil 10508 et Soleil 10509 avec leurs dates de naissance et de mort respectives. Il ne peut s'empêcher alors de remonter plus haut et comprend assez rapidement : deux cadres égal deux soleils qui s'additionnent et donnent un cadre égal un soleil. Au sommet de la cheminée, très proche du plafond, il discerne les mots : Arbre généalogique de Soleil 10512.



Je : Mais qu'est-ce que c'est généalogique ?

Comme si la pièce lisait dans ses pensées, le mot généalogique se change en familial. « Je » reste dubitatif, ça ne l'arrange pas du tout. Il ne sait pas ce que signifie familial non plus. Alors pour finir de l'aider, dans le cadre marqué Soleil 10512, apparaît une image.
« Je » est pétrifié : son image apparaît devant ses yeux, l'image qu'il a pu contempler dans la pièce I, ce « Moi », sa leçon de la I. Il saisit le cadre et se contemple. Il regarde à nouveau les deux cadres au-dessus de lui, les dates de décès se sont effacées, il ne s'en souvient pas. Il cherche dans sa mémoire mais il se dit que si la pièce a effacé ces signes, c'est qu'elle ne voulait pas qu'il s'en rappelle. Intuitivement, il se met à pleurer. Il veut connaître ces deux soleils et aussi ceux qui sont dans les cadres au-dessus, ces soleils sont importants pour lui, il le sent. Ces soleils sont à l'origine de lui, il le sait, comme une émotion diffuse, il sait que son chemin est lié aux leurs.

Je : Familial, c'est sans doute cela !

Des soleils plus grands que lui qui vont l'éduquer, lui montrer la voie, le chemin à prendre, un cocon doux et serein, une protection comme sa combinaison. Il repose le cadre le représentant lorsque la porte V apparaît et la voix prononce la phrase tant redoutée quelques minutes auparavant.

« Je » fait le point : un foyer, une famille, la sécurité, la sérénité, la nostalgie, l'angoisse, l'imagination, la plénitude et une multitude d'autres émotions dans cette pièce. Des émotions qui ont pour but de le rapprocher de sa véritable nature, des émotions qui lui ont permis de comprendre sa devise de volonté, des émotions qui lui ont révélé son monde intérieur et ses origines.

Il se permet alors la réponse :

Je : Je sens, je ressens !

La voix le félicite et ouvre la porte. Une immense sensation de chaleur traverse toute la pièce. « Je » se permet alors une question :

Je : Est-ce que je suis moi aussi un Soleil ?

La voix ne prononce que ces mots :

- Entre Soleil, ta quête continue.

Soleil ôte son scaphandre sans se soucier de la vapeur produite par le rayonnement de la nouvelle pièce sur l'eau de la pièce IV, il jette un dernier coup d'œil sur les deux cadres le précédant en photo et rentre dans la lumière avec un sentiment d'accomplissement. Il a traversé le plus dur.




Les contes de Solman :
A travers la Maison I - De l'éveil solitaire... 
A travers la Maison II - De l'acquisition partielle...
A travers la Maison III - De l'idée neuve...
A travers la Maison IV - De l'émotionnel rêvé...

© Tous droits réservés - Estelle Galliot pour le texte
Reproduction totale ou partielle interdite sans autorisation écrite de l’auteur.
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lundi 12 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison III - De l'idée neuve...



Voici la suite des contes de Solman. Le petit bonhomme qui représente le Soleil dans notre thème, s'en va maintenant à l"exploration de la Maison III.
Que va-t-il découvrir ? Qui va-t-il rencontrer ? Va t-il réussir à poursuivre l'aventure ?

La Maison III dans le thème est le secteur qui symbolise notre entourage proche, la fratrie, mais aussi les échanges, les contacts, les mouvements et les petits déplacements. Il est en analogie avec la planète Mercure et le signe des Gémeaux. C'est dans ce secteur que nous développons nos capacités intellectuelles, cherchons à communiquer avec les autres et à explorer notre environnement.

Estelle Galliot nous plonge une nouvelle fois dans ce récit passionnant et dans l'ambiance de la Maison III.


De l'idée neuve...

« Je » sait maintenant comment les choses fonctionnent. Il se retourne et franchit la porte en sens inverse : la porte III s'est bien réveillée à son entrée. De petits tuyaux émergent sur les contours du battant et une légère brise s'en échappe. Il pose sa main sur ces tubes en acier et voit celle-ci se déformer. Il la ramène vers lui immédiatement dans un sursaut de panique. Sa main se reforme, il est soulagé et souhaite réitérer l'expérience. Il approche sa main de nouveau, des petites flammes volent et dansent.

Je : J'aime bien, c'est vivifiant !

Il constate également que la porte est devenue blanche crème. Toutefois, malgré les indices qui lui font penser à une pièce calme, lorsqu'il regarde à ses pieds les petits tas de cendre, il sait qu'il va devoir faire attention s'il ne veut pas que cette troisième pièce parte en fumée. Il lui faut avancer doucement pour ne pas détruire le contenu de celle-ci et ainsi ruiner ses chances de continuer son aventure. Il se décide à entrer tout doucement.

La pièce est grande et fourmille de papiers. Il y en a partout, entassés sur le sol, scotchés sur les murs, alignés dans les étagères et des colonnes s'élèvent jusqu'au plafond.

Je : Il va être difficile de rester dans cette pièce sans faire de bêtises !

De plus, une légère brise, récemment apparue, semble être un handicap : « Je » voit ainsi voler toutes sortes de papiers ; des roses, des jaunes, des bleus ou encore des vierges, des froissés, des lisses avec des inscriptions. Tout un arc-en-ciel danse aléatoirement autour de lui. Il lève les yeux au ciel et se tape le front de sa main.

Je : Quelle galère !

Tout à coup, la porte III claque avec une force telle, que les papiers voltigent dans sa direction.

« Je » panique : s'il reste sur place, il va tout brûler, s'il les évite, il risque de faire une bêtise dans la précipitation et d'obtenir exactement le même résultat. Il reste immobile mais les papiers continuent de foncer sur lui. Dans quelques secondes, il risque de tout brûler, il ne restera que de la cendre. Les papiers sont très proches de lui et « Je » voit que certains commencent à brunir.

Je : Ça y est ! C'est fini, je vais faire un carnage...

Toutes ses chances de traverser les prochaines pièces vont s'éteindre et il restera prisonnier au milieu d'un tas de cendres. Très vite résigné, il ferme les yeux lorsqu'il voit tous ses efforts précédents s'évanouir : le premier papier s'enflamme.
Mais, à sa grande surprise, les autres papiers, comme par enchantement, se plient en deux et se déplient. Ils se transforment très rapidement en des papillons ou oiseaux s'aidant ainsi de l'air pour léviter, voler, danser et échapper aux flammes de « Je ».

Avec soulagement, « Je » éclate de rire. Profondément rassuré, le premier papier ayant certainement donné l'alarme aux autres, « Je » regarde cet étrange spectacle de papillons de différentes couleurs se poser sur les étagères, se rassembler sur le sol puis lorsqu'il décide d'avancer vers eux, partir dans des directions opposées et se rassembler de nouveau, dans un coin en sécurité.

A ce moment, une sonnerie retentit, faisant cesser ce petit jeu entre « Je » et les papiers. Elle vient d'un bureau où trônent encore des tonnes de feuilles et où se trouvent des petites tiges en bois à bout gris.

Je : Quel vacarme !

« Je » décide d'en finir au plus vite avec ce bruit insupportable lui cassant les tympans. Il court vers le bureau, les papillons s'envolent, emportant avec eux les crayons qui se faufilent dans la pliure. « Je » peut alors apercevoir que l'objet qui fait ce bruit immense est assez petit, noir et son sommet vibre au dessus d'une base plus stable. Il avance son bras pour saisir le toit de l'objet. C'est une très mauvaise idée : il fond tout doucement dans ses mains.

Je : Bon ! Eviter cette matière la prochaine fois...

« Je » tente de reposer l'objet mais celui-ci reste collé. Il va devoir attendre que sa chaleur naturelle vienne à bout de ce liquide gluant. Il constate néanmoins que le bruit a cessé et s'en félicite. Mais, à cet instant, certains objets et meubles font leur apparition et s'allument dans un fracas du tonnerre. Une boîte d'où sortent des feuilles de papier avec des inscriptions, une autre boîte avec des images et du son (il croit comprendre qu'il fait beau à Miami), une autre boîte faisant une sorte de chuintement avec à ses côtés un petit tableau composé de touches estampillées de plusieurs symboles incompréhensibles (A Z E R T Y). Dans ce brouhaha immense, de gros tas de papiers reliés à des couvertures cartonnées se rangent dans les étagères, se plient, se déplient. Un autre objet sonne.

Je : Oh non, il y en a encore un autre ?

« Je » a mal à la tête, il souhaiterait que cela s'arrête. Il se sent impuissant face à tout ce bazar. Dépité, il ne fait plus rien, lorsque le vacarme s'arrête, comme par magie, pour laisser un minuscule petit bruit parvenir à ses oreilles.



- Allo ? Allo... Il y a quelqu'un ?

Interloqué, « Je » se dirige vers cette voix et remarque que celle-ci vient du socle de l'objet qu'il a malencontreusement fait fondre deux minutes auparavant.

- Allo ? ... Vous répondez oui ?

« Je » se décide à répondre tout en restant à bonne distance, évitant ainsi de faire entièrement fondre le morceau restant de l'objet qui parle.

Je : Euh... Oui ! Il y a moi. Euh... Vous m'entendez ?

- Oui, je vous entends. Et bien, il était temps ! Je m'impatientais !

Je : Euh... Excusez-moi. Je ne sais pas trop comment ça marche ici ?! Désolé.

- Ce n'est pas grave. On apprend tous, vous savez !... Moi j'ai trouvé tout de suite comment cela fonctionnait ici. Qui êtes-vous ?

Je : Je suis « Moi » enfin je veux dire « Je »

- Non, c'est moi « Je »

Je : Hein ?

- Bien oui ! C'est moi « Je », moi c'est « Moi », je suis « Je » !

Je : Sauf votre respect, c'est moi « Moi » et donc je suis « Je » !

- Vous faites le malin à ce que je vois !...

Je : Mais pas du tout, puisque je vous dis que c'est moi « Je ».

Soupirs de l'autre, « Je » ne comprend rien. Silence… A l'autre bout de l'appareil, l'autre reprend :

- Dites moi, il me vient une idée. Est ce que vous êtes dans une pièce pleine de papiers ?

Je : Euh oui, oui, c'est bien ça. Vous aussi ?

- Pas avec vous visiblement, mais dans le même genre de pièce, oui. C'est la troisième que je fais. Et vous ?

« Je » reprend espoir, visiblement l'autre, qui pense s'appeler « Je » aussi, fait les mêmes expériences que lui.

Je : Pareil, c'est ma troisième, la première j'ai appris que j'étais « Je » et la deuxième que je possède des choses donc « J'ai ». Et vous ?

Cris de joie de l'autre côté.

- Oui pareil. J'ai pris mon petit sac fait dans une bulle d'air dans la deuxième pièce et j'y ai mis un crayon, du papier, un livre, et j'y mettrai le téléphone avec lequel je vous appelle.

Je : Un téléphone ? C'est ça que j'ai fait fondre ?!

- Vous faites fondre les téléphones ? Quelle curieuse occupation !

Je : Je n'ai pas fait exprès. C'est du plastique et moi visiblement le plastique ne me réussit pas.

- Ah bon ?! Moi c'est la première pièce qui a failli ne pas me réussir. Je me suis un peu trop regardé sans bien comprendre. Faut dire, j'étais pareil mais,..., pas pareil.

Je : Pardon ?

« Je » ne comprend décidément pas ce que l'autre lui raconte. Quel étrange personnage se dit-il intérieurement.

- Euh oui bon, laissez tomber, trop long à expliquer. Mais alors qu'est ce qui vous réussit ?

Je : L'essence et l'oxygène par exemple. Et puis le verre, je peux le saisir, le bois, en revanche, j'ai plus de mal mais j'adore au goût. Disons que je dois le manger très vite...

- Oh, vous n'êtes pas comme moi alors !

Silence.

- Bon, ce n'est pas que je m'ennuie mais je dois faire mes petites expériences avec mon téléphone.

Je : Ah bon ? Vous pouvez utiliser vous-même ce téléphone, comme vous dites ?

- Oui c'est mon dada, ma passion, j'adore ça. Je vous l'expliquerai bien pendant des heures mais la porte IV est déjà ouverte pour moi et je dois continuer à avancer.

Je : La porte IV est ouverte pour vous ?

« Je » regarde dans sa propre pièce et constate que sa porte IV n'est toujours pas apparue.

Je : Euh... Comment avez-vous fait ?

- Hum... Ce n'est pas un peu de la triche ce que vous me demandez, de vous révéler comment on ouvre la prochaine porte ?

« Je » se sent un peu honteux d'avoir demandé mais la pièce dans laquelle il se trouve semble si familière à l'autre que sa volonté d'avancer a été plus forte que son intégrité. Après un silence qui semble une éternité, l'autre se remet à parler :

- Oh dites, vous avez de la chance, la voix me dit que j'ai le droit de vous le dire et que...

Je : Et que ? Quoi ?

- Non rien... La deuxième information, je dois la garder pour moi et c’est un sacré scoop !… Oui bon d’accord, je ne dis rien…

Etrange personnage et en plus cachottier, c'est pourtant la première fois que « Je » se rend compte que quelque part un autre vit la même aventure, il voudrait partager ses idées avec lui, échanger, dialoguer mais celui-ci semble ne pas être très intéressé ou contraint de ne pas pouvoir le faire.
D'autant que « Je » est un peu perdu dans cette maison, il brûle le papier, il fait fondre le téléphone, il rêverait de savoir comment on peut voir ce qu'il y a dans les objets sur les étagères mais ne peut pas pour le moment, il se sent légèrement frustré.

- Bon allez, je vous le dis. « Je pense », c'est le mot de passe.

Je : « Je pense » ?... Ah oui, maintenant que vous le dites cela prend tout son sens.

« Je » sent finalement qu'il aurait compris et trouvé le mot de passe tout seul, ce n'était pas si compliqué, il se sent alors rassuré sur son intelligence.

- Vous auriez trouvé ?

Je : Oui. Peut-être pas aussi facilement que vous mais je pense que j'aurais trouvé « Je pense » !

- Ha ha ha ! Vous faites de l'humour en plus ! Bien ! Bon allez, mes idées se bousculent. Et le temps presse. Au revoir !

Je : Quoi ?! Déjà ?

Et « Je » entend un son répétitif dans le téléphone.

Je : Comment a-t-il dit déjà ? Ah oui ! Allo... AAAAllllllooooo ?

Il n'y a plus personne à l'autre bout du télé-machin. « Je » se dit que peut-être aurait t-il intérêt à croire ce que l'autre lui a dit, il a l'air de connaître son affaire. La porte IV fait son apparition et la voix prononce :

- Pour franchir...

« Je » lui coupe la parole et dit fièrement :

Je : « Je pense ». L'autre au télé-truc me l'a dit et il a l'air très calé dans ce domaine. De toute façon, c'est évident : après « Je suis », « J'ai », il faut bien que « Je pense » !

La voix s'arrête, toussote et reprend :

- Oui, bon, bien ! La prochaine fois vous me laissez finir, je vous prie ?

« Je » sourit de son impolitesse à la limite de l'affront mais constate que la voix a de l'humour.

Je : Oui, désolé, c'était juste l'enthousiasme de franchir la porte IV et puis j'ai eu des pièces dans lesquelles je me sentais plus à l'aise.

« Je » s'approche alors de la porte et attend avec impatience son ouverture. Et comme si la voix attendait qu'il se soit suffisamment approché, elle dit :

Je comprends votre malaise. Je l'ai bien entendu. Et j'autorise la porte IV à s'ouvrir.

Celle-ci s’entrouvre, et instantanément, « Je » a mal.




Les contes de Solman :
A travers la Maison I - De l'éveil solitaire... 
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A travers la Maison III - De l'idée neuve...
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lundi 5 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison II - De l'acquisition partielle...




Bonjour à vous tous, mes fidèles lecteurs et lectrices... Vous aimez les contes de Solman ? Vous avez été attendris par ce petit bonhomme qui s'éveille à la vie et va vivre une aventure au travers des 12 maisons astrologiques ?

Vous avez sans doute identifié ce que représentait ce personnage, le Soleil, notre énergie vitale, notre essence, notre volonté. Représenté dans le thème par un point au centre d'un cercle, il traduit notre besoin de devenir nous-même, notre besoin d'exprimer et de développer nos potentialités.

Le voici qui franchit la Maison II, secteur de notre thème qui représente nos possessions, acquises mais aussi héritées, tant au plan physique, matériel que psychologique. Elle symbolise également nos dons, nos ressources, nos richesses intérieures.
Dans cette maison, nous utilisons nos facultés instinctives, nous découvrons nos territoires, l'étendue et les limites de nos possessions. C'est là que nous pouvons révéler notre véritable valeur personnelle et défendre ce que nous estimons personnellement valable.

Sans plus attendre voici la suite du voyage racontée par Estelle Galliot...




De l'acquisition partielle...

« Je » se retourne afin de contempler son image une dernière fois dans le miroir de la pièce I. Après ces quelques minutes de narcissisme, il passe le seuil de la porte et entend un léger bruit derrière lui. Il fait marche arrière et observe les changements survenus sur les contours de la porte II.

Celle-ci s'est teintée de beige et, grâce à de petits tuyaux très fins, apparus au sommet de l'encadrement, s'écoulent des grains de sable. Il prend dans ses mains cette matière fine mais solide. Contrairement aux flammes de la porte précédente, « Je » peut les toucher, il peut interagir avec les grains, les sentir, les renifler, les entasser, les éparpiller. D'ailleurs, ceux-ci crépitent sous ses doigts.

« Je » s'amuse de voir que les choses deviennent de plus en plus concrètes autour de lui.
Il se doute que comme pour la première porte, c'est par son entrée dans la pièce qu'il a activé la deuxième. Il en conclut qu'à chaque fois qu'il franchira une porte, elle changera et se « réveillera », découvrant alors quelques indices sur tout ce qu'il doit savoir dans la pièce à explorer.

« Je » se dit qu'il va falloir être vigilant et bien réfléchir à tous ces signes pour pouvoir franchir peut-être une troisième, une quatrième porte... Après avoir bien répondu à la première énigme et avoir compris que les portes s'activent à son entrée, « Je » ressent de la fierté mais aussi du courage pour avancer. Il pénètre à nouveau dans la pièce II.

Elle est totalement différente de la première. A l'inverse de la salle précédente, tout y est palpable. Il peut observer la présence d'une multitude d'objets, les toucher, les prendre, les tripoter, les manipuler dans tous les sens : cela a un effet sécurisant. De plus, de quelques-uns, posés ça et là, émanent un doux parfum. L'odeur parvient aux narines de « Je » qui ressent à ce moment précis une sensation bizarre : un bruit dans son abdomen se fait entendre. Un drôle de son que « Je » n'avait jamais connu auparavant accompagné d'un picotement dans le bas de son ventre comme si celui-ci souhaitait obtenir quelque chose et se manifestait bruyamment à cette fin.

Il se dirige vers ce parfum.
Ce qui sent si bon vient d'un récipient posé sur une table, étiqueté « essence » et contenant un liquide noir coloré de violet, voire de bleu.

Je : De l'essence ? Qu'est-ce que c'est ?

Sans avoir une quelconque réponse, « Je » sait qu'il en apprécie l'odeur et met le verre à sa bouche instinctivement. Il incline celui-ci et boit tout le liquide.

Je : Que c'est bon !

Avoir avalé tout le contenu de ce récipient le revitalise, son ventre ne fait plus de bruits bizarres et il a une douce sensation de plaisir. Il décide d'inspecter la table plus attentivement. Il remarque qu'il existe beaucoup de liquides ou de petits amas très différents les uns des autres dans des assiettes. Dans un des verres, par exemple, il croit d'abord qu'il n'y a rien avant de voir qu'un liquide translucide, non odorant s'y trouve. Il teste et crache avec un profond dégoût ce qu'il vient de boire.

Je : Mais c'est immonde !

Ce liquide n'a pas de goût et lui donne la sensation d'être tout ramolli. Pour éviter la persistance de cet état, il se jette sur le premier verre contenant de l'essence et le boit d'une traite. Il va mieux. Il finit par lire l'étiquette collée sur le récipient du liquide translucide qu'il n'aime pas beaucoup : « eau ».

Je : Et bien j'éviterai cette eau la prochaine fois !

Il continue ses expériences en goûtant les différents aliments sur la table. Il y en a qu'il aime et d'autres non. Il aime par exemple l'essence, il adore l'oxygène (ça le fait se sentir plus grand), il affectionne également le bois (ça fond dans sa bouche et ça crépite ; le goût est acidulé). En revanche, il a failli s'étouffer en ingurgitant de la terre, il n'a pas apprécié l'effet du plomb qui lui reste sur l'estomac et se passera définitivement de l'eau sous toutes ses formes : bulles, vapeur, brumisateur, ...

Il se retourne pour observer le restant de la pièce. Il s'approche d'un petit tas d'objets cylindriques et scintillants.

Je : C'est magnifique ces choses brillantes !

Il essaye de mettre ces petites galettes à sa bouche mais se fait mal aux dents. Il les porte à ses narines mais elles ne sentent rien. Déçu, il n'arrive pourtant pas à détacher son regard de ces formes, si brillantes, qu'il pourrait lui-même être aveuglé. Il lit une étiquette près du coffre contenant ces galettes : « pièces de monnaie ».

Je : Mais qu'est-ce que c'est que ça, la monnaie ?

Il ne le sait pas mais s'en fiche, cette monnaie est tellement belle. Il remarque d'ailleurs que plus il s'éloigne de ces pièces moins elles brillent et qu'à son contact, elles scintillent de mille feux.
La lumière viendrait-elle de lui ?

Une nouvelle porte apparaît à ses côtés et une nouvelle fois, la voix se fait entendre :

- Pour franchir, le seuil de cette nouvelle porte, tu dois définir ce que tu as appris ici.

Paniqué, n'ayant pas pris de temps pour réfléchir, « Je » n'a pas encore d'idée sur ce que pourrait être ce monde, cette deuxième pièce. La surprise est telle qu'il ne prononce pas un seul mot ayant trop peur de se tromper et de dire n'importe quoi. Il revient vers la table, regarde à nouveau les aliments, tous les objets autour de lui, les pièces, il ne sait pas.

Je : Quel est le point commun de tout cela ?

Ce qu'il sait et ce dont il est sûr c'est qu'il aimerait bien tout prendre avec lui dans son futur voyage dans la prochaine pièce. Mais il souhaiterait aussi rester ici car de nombreuses choses lui sont utiles, lui donnent des forces, le nourrissent. Certains de ces objets sont comme faits pour lui, il serait tranquille pour profiter indéfiniment de ce qu'il a à sa disposition, sans bouger. Son impression reste que son voyage s'arrêterait un peu tôt et sa curiosité le titille. S'il le pouvait, il joindrait l'utile à l'agréable, à savoir : partir en emportant avec lui des objets de cette pièce.
                                                                                         
Un peu par hasard, il remarque sur la nouvelle porte non encore ouverte et dont il a entrevu le symbole, le "III", une sorte de petite besace sur la poignée. Ce sac, confectionné avec de la lave, a visiblement été créé à son attention, pour ses propres besoins. Il s'en saisit, retourne vers la table et prend de l'essence qu'il verse dans une fiole en acier. La voix ne réagissant pas au geste de « Je », il continue de faire ses courses en prenant de l'oxygène dans une mini bonbonne en verre et entasse quelques petites pièces au fond de son cabas. Même si lorsqu'il les touche elles deviennent brûlantes, son sac supportera la chaleur grâce à sa composition.

Il se rend vers la porte III et réfléchit sur le mot de passe.

Je : Ne pas commettre d'erreur...

« Je » sourit à l'idée qu'il vient de faire des réserves pour partir sans regrets. Il réfléchit, c'est peut-être ça : « faire des réserves » ? Ou encore « manger » ? Mais pourquoi pas « boire » ? Et les pièces de monnaie ?... Trop de choix, trop de richesses dans cette pièce, pour prendre une décision.

Puis, une illumination : le point commun de tout cela c'est « avoir » ! La première pièce était « être », là c'est « avoir » !
Il en est persuadé : « avoir » le ventre qui fait des bruits bizarres autant que d' « avoir » ce qui calme ce bruit,
« avoir » envie de prendre et se servir, se faire plaisir et « avoir » du plaisir, quant à ces petites pièces cylindriques cela doit être important mais il en ignore le but pour le moment.
Timidement, il lance :

Je : J'ai... Euh... Je possède.

Silence. Pas un bruit.

Je : Ce n'est pas cela ?

Il pense que la porte ne va pas s'ouvrir. Il va devoir arrêter sa quête, il a un sentiment de déception même s'il est vrai qu'une autre partie de lui-même est satisfaite d'être arrivée jusque là.

Finalement, la voix se manifeste :

- Bien ! Et sans hésitation cette fois-ci ! Oui, ici tu devais apprendre le « J'ai » ou encore le « Je possède ». Ce sont toutes tes richesses intérieures. En un autre mot : tes acquis. J'autorise la porte III à s'ouvrir et je t'autorise également à conserver ce que tu as pris dans ton sac.

« Je » rougit, il n'avait pas pensé à demander la permission pour prendre ces objets, la gourmandise lui ayant fait perdre un court instant les règles élémentaires de politesse. S'excusant de son acte pouvant être pris pour du vol, il remercie la voix de son indulgence.

La porte III s'ouvre et un tas de papiers vient s'écrouler aux pieds de « Je ». Il pense immédiatement que cette nouvelle pièce est très encombrée et se demande comment il va faire pour la traverser. De plus, il ne connaît pas ces petites choses plates et fines. Il s'agenouille, essaye de saisir un morceau de papier, mais celui-ci prend feu instantanément et se consume en un petit tas de poussières. Un peu honteux de l'avoir brûlé, il attend les réprimandes de la voix mais rien ne se produit. Il s'avance vers la porte et toutes les feuilles tombées à terre s'enflamment autour de lui.

Avec une légère appréhension, il se dirige vers la porte III et la franchit.


Retrouvez le premier épisode des contes de Solman :
A travers la maison I - De l'éveil solitaire

© Tous droits réservés - Estelle Galliot pour le texte
Reproduction totale ou partielle interdite sans autorisation écrite de l’auteur.
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jeudi 1 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison I - De l'éveil solitaire...





Lorsque jai commencé à étudier lastrologie, Facebook n’était pas né, il existait alors des forums d’échanges, certains plus actifs que dautres. C’est sur lun dentre eux que jai découvert  les "contes de Solman".
"Solman" était le pseudo dEstelle Galliot, qui était très active sur le forum d’A2L sur lequel elle a partagé une histoire qui m’avait réellement beaucoup plu : laventure dun petit bonhomme à la découverte des 12 maisons astrologiques composant la roue zodiacale. 

Récemment, jai contacté Estelle (retrouvée grâce à facebook) et lui ai demandé si elle serait daccord pour que je partage ces contes sur mon blog car je trouvais dommage quils restent enfermés dans la mémoire dun ordinateur. Avec une grande gentillesse, elle a tout de suite accepté et je la remercie sincèrement.  J’avais envie de partager avec vous des billets plus originaux, plus ludiques en lien avec lastrologie, et grâce à elle je vais pouvoir my consacrer. 

Régulièrement, je vous distillerai, maison par maison, l'aventure de ce petit bonhomme auquel nous pouvons nous identifier, pour que vous puissiez vous aussi découvrir et je l’espère, apprécier cette histoire. Je le répète, je n'en suis pas l'auteur, juste le transmetteur. 
Dans un style enjoué, imagé et divertissant, Estelle parvient à nous captiver mais aussi à nous faire ressentir et donc à mieux intégrer le sens de chacune des maisons. 

Les maisons sont des divisions de la terre ; chacune est une représentation dun secteur ou domaine de notre vie. Elles sont au nombre de 12 - 4 sont dites angulaires (I, IV, VII, X), 4 succédentes (II, V, VIII, XI) et 4 cadentes (III, VI, IX, XII).  Leur agencement découle de lheure et du lieu de notre naissance.  
La Maison I est la première que découvre notre petit bonhomme. Elle commence à l’Ascendant, qui indique le point qui se lève à l’horizon Est, à l’instant où on pousse notre premier cri ; elle se termine à la cuspide (la pointe) de la Maison II.

 
La Maison I symbolise le Moi, notre identité, notre individualité, notre corps physique, le véhicule terrestre que notre Ame a choisi pour sincarner.
C’est là où on naît (EST), le commencement, notre départ dans la vie. Ce secteur indique le type d'expérience à travers lequel nous aurons le plus de chances de découvrir qui nous sommes en tant qu'individu unique.



De l'éveil solitaire...


Un petit bonhomme assis, seul au milieu de nulle part, vient de se réveiller. Autour de lui, tout n'est qu'obscurité, vide et ténèbres. Il observe les alentours ; tout est noir. Très vite, un sentiment de solitude s'empare de lui. L'incompréhension et l'étonnement face à une telle situation laissent place rapidement à une forte panique. Angoissé, terrorisé, il se lève tout en espérant un signe, une lumière, la présence d'une vie. Mais il n'y a rien que le néant. Pas un seul objet, une seule âme, tout n'est que vide.

Il se recroqueville sur lui-même lorsque, comme pour exaucer ses prières, une porte apparaît près de lui. Celle-ci surgit tellement brusquement et sans signe avant-coureur que sa peur s'amplifie. La porte est si immense que ce petit bonhomme a l'air d'un microbe. Il est terrifié et instinctivement, recule.

Comme si la porte était douée d'une intelligence propre, elle ne lui laisse guère le temps de se poser des questions et elle s'entrouvre dans un énorme vacarme, obligeant le petit bonhomme à se couvrir les oreilles. Il est maintenant tétanisé, son corps refusant de bouger. Il reste debout, tentant de se faire le plus insignifiant possible, espérant que rien d'autre ne se produise.




Son cœur bat si vite que, si une autre surprise de ce genre survenait, il risquerait la crise cardiaque. Mais, fort heureusement pour lui, rien de plus n'arrive. Le temps passe, la porte est là, statique, entrouverte. Elle semble lui proposer un choix : celui de rester dans l'obscurité, seul face au vide ambiant ou celui d'une potentielle découverte d'une autre situation. Il se demande si ce n'est pas une sorte d'invitation à un voyage où tous les espoirs seraient permis. Peut-être y a-t-il une vie derrière cette porte ? Quelqu'un à qui parler ? Un ami peut-être ?

- Il y a forcément quelque chose !

Le petit bonhomme décide de s'approcher doucement de la porte. Il se penche et tente un regard dans l'embrasure mais il ne voit rien. Fait-il aussi noir derrière cette porte ? N'y a-t-il rien de l'autre côté ? Il semblerait pourtant qu'il y ait de la lumière mais celle-ci est tellement lointaine qu'il n'est pas sûr de son existence.

Il regarde à nouveau autour de lui, peut-être y a-t-il un indice ou quelque chose à repérer, ou encore un piège à éviter ? Non, rien que cette immensité noire et la porte. Malgré sa peur, il se décide définitivement à la passer. Il prend son élan et d'un pas peu assuré franchit les quelques mètres qui le séparent du seuil. Il s'arrête net lorsqu'il aperçoit un symbole étrange. Il l'observe attentivement. Il ne l'avait pas remarqué auparavant, mais il y a bien quelque chose d'écrit, à sa hauteur, droit devant lui, le symbole "I".

Il se retourne encore une fois au cas où sa découverte aurait modifié quelque chose dans les ténèbres l'entourant et, ne constatant toujours rien, pris par un élan de courage soudain, entre dans la pièce. Il ressort aussitôt par crainte de l’inconnu. Mais malgré des battements de cœur toujours aussi rapides, il se lance à nouveau. 



Dès son passage de l'autre côté, il entend un bruit ressemblant au déclenchement d'un feu dans son dos. Il fait volte-face immédiatement et retraverse l'entrée. Il a le sentiment que son action a eu une incidence sur les lieux qu'il venait pourtant de laisser derrière lui. Le son entendu, la sensation de chaleur, quelque chose semble différent. Revenu à son point de départ, il constate avec une certaine fierté que son raisonnement était juste : les contours de la porte se sont transformés. Ils sont maintenant d'un beau rouge vermillon et, de quelques interstices, tourbillonnent de petites flammèches.

- Comme c'est beau !

En s'avançant près de ces flammes, il remarque qu'elles ne le brûlent pas, elles émettent de la chaleur certes, mais il ne sent rien. Ayant le sentiment éphémère d'une certaine invulnérabilité, il décide qu'il ne sert à rien d'avoir peur et sans vouloir retourner en arrière, encore et encore, franchit définitivement le seuil de la porte, court jusque dans la nouvelle pièce et s'arrête, fier de lui.

Finalement de l'autre côté de l'ouverture, il s'aperçoit que sur toute la largeur d'un mur se trouve une multitude de petites flammèches comme sur le pourtour de la porte. Elles dansent. Il se déplace pour les voir de plus près, elles l'imitent. Surpris de la rapidité avec laquelle elles foncent sur lui, sa sensation de peur refait surface et instinctivement, il préfère faire marche arrière. Elles font de même. Il en conclut qu'il n'est pas le seul à connaître ce sentiment de crainte. Cela le rassure et il décide, pour montrer son intention amicale, de sauter sur place, pour les amuser. Il espère les faire sourire et ainsi évacuer leurs stress mutuels. Les petites flammes font des bonds à leur tour.

- Super !

Il s'assoit, elles se posent et attendent. Il entame alors un roulé boulé sur le côté et les petites flammèches font comme lui. Il rit, elles aussi. Il n'a plus peur, il y a bien autre chose derrière la porte, plus de noir, plus de ténèbres, une possibilité de vie existe. A cette pensée, la porte se ferme. Il pose un regard sur celle-ci puis sur les flammes et fait une dernière galipette, elles font de même. Il veut jouer, elles aussi.
Une petite compétition s'installe : et s'il arrivait à les surprendre ? S'il était plus rapide qu'elles ? Pour essayer, il court, stoppe net, puis repart, roule, danse, saute, s'écroule, feinte à gauche et part à droite. Rien n'y fait, elles n'ont jamais un temps de retard. Ce jeu est amusant, il continue. Il fait semblant d'être dépité comme lassé de sa propre agitation mais effectue un demi-tour sur lui-même rapidement. Il n'y a vraiment rien à faire, il n'arrive pas à les tromper, elles sont redoutables à ce jeu improvisé ; il ne gagnera pas.
Il se décide alors à formaliser leur rencontre en avançant vers elles. Elles ont eu visiblement la même idée au même moment : elles s'avancent. En conséquence, elles grossissent dangereusement et deviennent tellement impressionnantes que la terreur reprend le petit bonhomme. Il s'arrête. Il observe et constate très vite qu'elles se sont arrêtées également. 
Cela le conforte dans son idée initiale : elles le craignent aussi. Il reprend sa marche. Au fur et à mesure qu'elles se rapprochent de lui, l'angoisse disparaît au profit d'une certaine admiration pour leur beauté. Plus qu'un petit mètre à faire et il pourra enfin se lier d'amitié, ne plus être seul. Il leur sourit, elles l'imitent. De plus en plus confiant, il marque le pas pour les rejoindre.

Mais soudain, sa tête se heurte à quelque chose et il tombe en arrière. Il les regarde, sonné par le coup qu'il vient de recevoir. Quel est ce tour qu'elles se sont amusées à lui jouer ? Réprimant une colère naissante, il observe attentivement la réaction de ces potentielles amies. Il voit qu'elles ont trébuché également et qu'elles ont manifestement très mal. De plus, elles le regardent curieusement, elles semblent croire qu'il est responsable de cette situation. N'ayant rien à se reprocher, il se dit qu'ils ont du se cogner mutuellement sans s'en apercevoir. Il se relève, elles aussi. Il décide de repartir à leur rencontre. Mais de la même façon que précédemment, il se retrouve bloqué par quelque chose et tombe de tout son poids sur le sol. Elles aussi.

C'est à ce moment qu'il remarque dans le prolongement de ses pieds, une ligne qui longe toute la pièce. Il veut faire part de sa découverte aux flammes amies mais elles lui font les mêmes gestes de surprise. Il tente alors de leur parler :

- Euh... Bonjour !

Elles ont eu le même raisonnement : elles ont la bouche ouverte mais aucun son ne sort ; il n'entend rien. Elles restent immobiles, dans l'attente. Il s'avance alors doucement jusqu'à la ligne et constate qu'il ne peut aller plus loin. Il se heurte à une surface plane, très lisse. Il regarde les flammes et alors qu'elles semblent toutes proches de lui et qu'il essaye de les toucher, il ne sent que cette paroi froide. Il retouche. A cette deuxième tentative, la surface devient plus chaude. Une troisième fois et il est sûr qu'il va pouvoir entrer en contact avec les flammes. Il sourit de les voir faire exactement la même chose pour le rejoindre plus rapidement. La surface devient brûlante à la quatrième tentative et fait un drôle de bruit, une sorte de grincement. De toute évidence, cette paroi ne supporte pas qu'il la touche. Il décide alors de continuer, son entêtement payera sûrement à un moment donné.

L'imitant toujours, les flammes finissent par se brûler au même moment que lui. Ne se décourageant pas, il retente une dernière fois, et, miracle, un bout de la surface se met à craquer. Un minuscule morceau de la paroi tombe en un petit tas de sable. De leur côté, les flammes ont pu observer la même chose. 
Il s'assoit, un peu dépité de ne pas pouvoir communiquer avec ses copines et fixant ce bout de matière à terre, constate l'existence d'un même petit bout de matière de l'autre côté. Il est étrangement identique au sien, dans son aspect et sa forme très particulière. Il pointe du doigt les deux monticules pour montrer aux flammes leur similarité. Elles le savent déjà et lui font les mêmes signes. 


Lui vient alors une idée, une fulgurance. Que les flammes l'imitent, c'est possible, c'est un jeu... Mais qu'un petit morceau de matière imite un autre morceau de matière, c'est assez improbable. 
Et si ?...
Il se redresse afin de prouver sa théorie naissante. Il tourne sur lui-même, ouvre la bouche, lève les bras, replie une jambe et constate que les flammes font exactement les mêmes gestes dans le même timing. 
Et si ?...
Il se retourne, se plie en deux, joue à faire le monstre, elles l'imitent toujours à la seconde prêt. 
Et si ?...
Il regarde autour de lui, recule et s'avance. 
Et si ?...
Elles connaissent parfaitement ses intentions au moment même où l'idée germe dans sa tête ?... 
C'est impossible. 
Sauf si ?...
Sauf si ces flammes qui l'imitent, qui jouent avec lui, qu'il ne peut toucher, qu'il ne peut entendre, c'était lui ?...
Et si c'était...
- MOI !

Un bruit retentit au fond de la pièce, il se tourne vers ce son et à sa grande surprise, une autre porte se tient devant lui. N'étant pas là l'instant d'avant, la situation lui apparaît de nouveau étrange. Mais malgré ce changement, le petit bonhomme décide de garder son calme, il se regarde de nouveau dans la surface lisse et sourit. Il en est sûr maintenant, les petites flammes et lui ne font qu'un. Il se trouve d'ailleurs magnifique. Est-ce son regard qui a quelque chose de princier ou sa carrure simplement majestueuse ? Il ne le sait pas mais il apprécie fortement son image.

Toutefois la fierté ressentie grâce à sa trouvaille, et au résultat de celle-ci, disparaît vite et un sentiment de déception le surprend : il est toujours tout seul. Bien qu'insatisfait, il s'avance vers la porte récemment apparue. Tentant de se motiver, il se dit qu'il rencontrera peut-être quelque chose ou quelqu'un par la suite. Ainsi, il observe mieux cette nouvelle ouverture potentielle et est ravi de remarquer la présence d'un autre symbole "II". 

Y aurait-il une suite logique ?

Une voix se fait entendre :
- Pour franchir le seuil de cette nouvelle porte, tu dois définir ce que tu as appris ici.

Interloqué non seulement par ce qu'il entend mais aussi par la question, il est toutefois heureux de constater qu'il n'est plus seul. Il parvient à articuler :
- Mais qui, que... Qui êtes-vous ?

La voix parle de nouveau en éludant sa question :
- Pour franchir le seuil de cette nouvelle porte, tu dois définir ce que tu as appris ici.

Il ne comprend pas. Définir quoi ? Et à qui appartient cette voix ? Il réfléchit, se remémore tout ce qu'il vient de vivre. Comment définir ce qu'il a appris ici ? Il bafouille :
- Je... Je...
Il a peur, il n'arrive pas à trouver ses mots, il veut exprimer tout ce qu'il a vu et découvert mais rien de compréhensible ne sort de sa bouche.
- Moi... Enfin, les flammes... Enfin pareil, quoi !... Euh... Je...

Et sans lui laisser le temps de reformuler son idée, la voix lui répond :
- Bien ! Ce que tu as appris ici est le « Je » ou encore le « Moi ». J'autorise donc la porte à s'ouvrir.

- Bien sûr, c'était si simple à formuler. C'est une telle évidence : oui, je suis « Moi » !

Se sentant alors en pleine confiance et ne se souciant guère de ce qui pourrait se produire de l'autre côté, « Je » franchit la porte.



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