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"A défaut de comprendre qui nous sommes et d'où nous venons, je ne pense pas que nous puissions réellement progresser " Louis B. Leakey

lundi 19 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison IV - De l'émotionnel rêvé...




Notre petit héros continue son voyage à travers les maisons astrologiques. Après avoir découvert et traversé les trois premières maisons du premier quadrant, le voici qui aborde le deuxième quadrant en entrant dans la Maison IV, qu'on dénomme également Fond du Ciel.

Le Fond du Ciel c'est la nadir du thème, en opposition à la Maison X ou  Milieu du Ciel qui représente le zénith. Elle est en analogie avec le signe du Cancer et la Lune.

Ce secteur du thème symbolise nos origines familiales, notre foyer, là où on nait (n'est - être), notre hérédité, les bases de notre personnalité, son centre, la vie intérieure de l'être, la racine de ses intuitions, de ses sentiments, de ses fantaisies et rêves, de ses désirs subconscients. Elle représente également la patrie, notre passé, nos souvenirs, mais aussi nos propriétés immobilières.
C'est en IV que nous construisons nos propres assises, que nous nous ancrons. Pour nous élever vers le Milieu du Ciel, c'est en IV que doit s'établir le sentiment de notre identité, sinon rien de solide ni d'authentique ne pourra se construire.
C'est en creusant en nous-même que nous trouvons la clé de notre identité, celle de la sécurité et de la stabilité.

Au Fond du Ciel nous naissons en tant que sujets autonomes.

(source : Les parents dans le thème de naissance. Ciel mes aïeux. Eric Berrut. Les éditions de Janus)



De l'émotionnel rêvé...


Je : Quelle horreur !

De l'eau se déverse lentement sous son regard médusé. Il sent une douleur intense le traverser en partant de ses pieds, l'impression d'une multitude de coups de poignards le perforant de bas en haut. Il recule et cherche un moyen de se mettre à l'abri en se perchant sur quelque chose.
Mais quoi ? Tout dans la pièce III n'est que bois ou papiers ou encore cartons ; tout ce que « Je » peut brûler de par sa nature.

La peur le saisit et il constate qu'il n'est pas le seul. Les papillons de papier volent sur les étagères en s'entassant pour éviter le contact de l'eau. « Je » recule encore. Le mince filet d'eau continue de se frayer un chemin jusqu'à lui, comme attiré. « Je » commence à se tétaniser.

Je : Ne pas céder à la panique ! Ne pas céder à la panique !

Mais il ne peut plus se raisonner, l'angoisse est trop forte. Après la pièce III, la pièce IV semble pire ! Est-ce que cela va être de plus en plus difficile ? Combien y a t-il de pièces encore ? Est-ce qu'à la fin du voyage, « Je » aura encore une chance de survivre ?...

Je : Ne pas penser à cela ! Non, ne pas réfléchir aux obstacles, les franchir !

Il recule encore et regarde la porte IV impuissant. Comment va-t-il faire ? Les papiers autour de lui semblent se calmer, est-ce un signe ? Non, l'eau continue d'approcher et bientôt elle montera, elle grignotera « Je » lentement et il sera tué dans d'atroces souffrances. Son regard se pose machinalement de la porte à ses pieds, de ses pieds à la porte pour calculer le débit de l'eau, ses chances de survie.

Il remarque près de la porte, deux leviers. Des leviers ?

Je : Cela doit agir sur quelque chose ! Aïe !

Trop concentré sur ce que peuvent bien être ces deux manettes, « Je » oublie de reculer tandis que l'eau s'attaque à son pied gauche. Pris d'une soudaine folie, il se précipite sur un des leviers en hurlant de douleur. Même les papiers autour de lui s'affolent et voltigent en protestation de son inconscience.
Lorsqu'il arrive près du premier levier un doute l'envahit et comme la peur est un sentiment contagieux les papillons s'agitent avec frénésie autour de lui. Et si en l'actionnant il faisait couler l'eau beaucoup plus fort ? Est-ce un risque à prendre ? Aller droit à la mort ? Peut-être même qu'un levier fait cesser l'eau et l'autre la déverse plus vite ? Dilemme.
Il a mal aux pieds, il sent qu'il tombe malade. Sa vitalité le quittera tant qu'il ne prendra pas de décision. Il n'a plus le choix, il faut se décider, actionner un levier, n'importe lequel. Il tente sa chance avec le plus proche de lui. Un bruit sourd accompagne son geste, son cœur raisonne dans sa poitrine. Est-ce la fin ? Il pleure.

Le sol se met à trembler et de minuscules pierres apparaissent à ses pieds tout autour de lui. Elles le portent et le mettent à l'abri. La douleur est moins vive, « Je » prend une profonde respiration de soulagement. Il est en vie et il se reconstitue vite. Sa vitalité revient, moment de répit. Les papillons le ramènent à la réalité en piaillant du haut de leurs perchoirs de fortune. Rien n'a changé, l'eau se déverse continuellement et l'affolement est toujours présent. « Je » pense qu'il faudra qu'il ferme la porte dès qu'il aura réussi à rentrer dans la pièce IV pour préserver la III. Il regarde le deuxième levier, est-ce que celui-ci est dangereux ? Il observe les papillons et se décide à actionner le levier un peu par curiosité.

Je : Triste curiosité...

Si cela doit anéantir la chance qu'il a eu avec le premier. Mais au point où il en est, ça ne pourrait pas être pire (une inconscience et une contradiction de plus dans son esprit) et il tire vers lui la manette.
Se décroche du dormant de la porte IV un énorme scaphandre en lave qui tombe lamentablement dans l'eau près de lui. Les éclaboussures se font ressentir comme une mauvaise rencontre avec un nid de guêpes.

Je : Quel idiot !

Mais, « Je » n'a tué personne !...

Je : Enfin, pas encore !

Il sourit, il sait maintenant que sa volonté est forte et qu'elle le mènera loin en avant : être volontaire sera dorénavant sa devise. Il prend ce merveilleux cadeau qu'est la combinaison et l'enfile avec difficulté.

Je : Où sont les bras, les jambes ?

Il s'y reprend à trois fois et finalement arrive à se protéger de l'humidité ambiante. Il fait coulisser la fermeture éclair. Il revit, sa chaleur naturelle est protégée et l'alimente dans ce scaphandre étanche. Il regarde les oiseaux de papier et leur fait un sourire, ils vont bientôt être libérés eux aussi de la menace de l'eau. Il franchit la porte et revient vite en arrière (éviter de perdre du temps inutilement afin de sauvegarder ces petits trésors de la pièce III).
Grâce au hublot de sa combinaison, il entrevoit la porte se transformer en une cascade géante d'un merveilleux bleu clair. Petit moment de panique sur le sort des papillons, puis « Je » constate qu'au pied de cette cascade un énorme trou avale le surplus d'eau. Plus aucun filet d'eau ne se déverse dans la pièce III, les papillons sont saufs. Il est définitivement rassuré sur leur sort, inutile de chercher le moyen de fermer la porte, il continue d'avancer.

La pièce IV ressemble à une immense caverne. De l'eau coule le long de parois rocheuses et se fraye un chemin au milieu d'un circuit qu'elle a visiblement elle-même creusé sur ces pierres. Il fait sombre, tout autour de lui est dans la pénombre. Il regarde le plafond et voit des milliers de petits points lumineux tapisser ce noir profond. Il saute pour les atteindre mais n'y parvient pas, la hauteur du sol au plafond est considérable. Le spectacle est tellement beau qu'il souhaite se poser quelque part et le contempler. Il marche vers un rocher qui lui semble convenir pour une petite observation. Non sans difficulté de par son accoutrement, il parvient à s'asseoir et lève les yeux vers le plafond ; contemplation. « Je » constate que certaines lumières sont plus brillantes que d'autres, qu'elles semblent plus loin ou plus proches de lui, qu'il y en a tant qu'il a un sentiment de vertige. Il ressent, malgré toute l'hostilité de l'eau pour sa nature, un sentiment de sécurité ; sérénité.

Je : Apaisant cet endroit malgré tout...

Mais quelle leçon doit-il en tirer ? Pour le moment, il ne voit pas ce qu'il pourrait bien dire à la voix et puis il se pose des questions sur la prochaine pièce qui pourrait être pire que celle-ci.

Je : Je garderai la combinaison sur moi !

Pour le moment, un besoin de se reposer se fait fortement sentir et sans s'en apercevoir, « Je » se met à fermer les yeux et tombe dans un profond sommeil.
Il court, saute, il a peur, il est nu et une tonne d'eau se déverse sur lui. Il va mourir ! Sursaut.
« Je » se réveille terrifié.

Je : L'eau ! De l'eau ! Où est-elle ?

Il se touche pour vérifier sa combinaison, il n'est pas nu. Mais d'où viennent les images dans sa tête ?

Je : Où suis-je déjà ? Ah oui ! Pièce IV, l'eau, la caverne, la difficulté.

Il reprend ses esprits et baille. Curieuse sensation que ces images irréelles ! A ses pieds, l'eau caresse la combinaison et il ne peut s'empêcher dans un premier temps de mettre ses jambes en hauteur. Puis, il les repose et observe le va-et-vient des clapotis sur ses pieds. Il tente d'en immerger un et de le poser sur le sol sous l'eau, sans succès. Ça a l'air trop profond.

Je : Que se passerait-il si je glissais ?

Aussitôt pensé, le rocher se met à basculer, poussant « Je » et son scaphandre dans la petite rivière.
« Je » s'affole ; adrénaline. L'eau n'est pas son élément, il ne sait pas comment faire pour sortir. Il tente d'attraper un caillou pour se maintenir hors de l'eau mais il ne parvient qu'à l'arracher de son socle. La roche dans ses mains ne lui est d'aucune utilité, il la jette et maudit cette combinaison qui l'empêche d'être maître de ses mouvements ; colère, rancœur. Il coule, le voilà dans le fond de la mare, seul, sans aucun moyen de remonter ; tristesse. Les images dans sa tête se sont réalisées, il est perdu. Au fond de l'eau, apparaît une lumière ; espoir.

Je : Rester volontaire !

C'est sa nouvelle devise, non ? Il se met en marche mais l'eau et la combinaison le freinent et il lui semble qu'une éternité s'est écoulée avant qu'il n'atteigne la lumière. Sous celle-ci, un mécanisme.

Je : Encore un levier ?!

Décidément, plus « Je » avance dans sa quête, plus il constate que les pièces sont élaborées et que les leçons sont de plus en plus difficiles à apprendre vu la présence de ces machines. Un peu par dépit, il tire le levier et l'eau s'abaisse autour de lui, il revoit la surface, il peut grimper à nouveau sur les rochers en faisant bien attention à ne pas glisser et ne pas casser sa trop précieuse combinaison. Que d'émotions dans cette nouvelle pièce où le danger est partout ! Il se rappelle les pièces précédentes moins difficiles pour lui ; nostalgie.

Il se remet sur un nouveau perchoir et remarque que sa petite aventure dans le fond de l'eau a changé la disposition de la pièce. Si dans son ensemble, le paysage reste celui d'une caverne, voilà qu'apparaît une cheminée.

En son foyer, le feu n'est pas très puissant mais il est néanmoins rassurant pour « Je ». Il peut ouvrir légèrement sa combinaison pour enfin respirer l'air de cette pièce. Un peu de chaleur lui est utile car sa protection est bien fraîche par son séjour dans l'eau ; léger confort.
Il voit sur le haut de la cheminée des dizaines et dizaines de portraits : grands, petits, carrés ou même ovales, ils sont tous accrochés sur le mur de pierre. Il lit les inscriptions sous chacun d'entre eux. Sur l'un est inscrit :

Soleil 10510 - Naissance : 06/11/1927, Mort : 10/02/1984

et à côté de lui,

Soleil 10511 - Naissance : 19/04/1942, Mort : 27/12/2002

En dessous, un cadre vide avec la mention

Soleil 10512 - Naissance : 03/12/1974, Mort : inconnue

Il regarde alors les cadres précédents. Au dessus du cadre du Soleil 10511, il constate la présence de deux autres cadres marqués Soleil 10508 et Soleil 10509 avec leurs dates de naissance et de mort respectives. Il ne peut s'empêcher alors de remonter plus haut et comprend assez rapidement : deux cadres égal deux soleils qui s'additionnent et donnent un cadre égal un soleil. Au sommet de la cheminée, très proche du plafond, il discerne les mots : Arbre généalogique de Soleil 10512.



Je : Mais qu'est-ce que c'est généalogique ?

Comme si la pièce lisait dans ses pensées, le mot généalogique se change en familial. « Je » reste dubitatif, ça ne l'arrange pas du tout. Il ne sait pas ce que signifie familial non plus. Alors pour finir de l'aider, dans le cadre marqué Soleil 10512, apparaît une image.
« Je » est pétrifié : son image apparaît devant ses yeux, l'image qu'il a pu contempler dans la pièce I, ce « Moi », sa leçon de la I. Il saisit le cadre et se contemple. Il regarde à nouveau les deux cadres au-dessus de lui, les dates de décès se sont effacées, il ne s'en souvient pas. Il cherche dans sa mémoire mais il se dit que si la pièce a effacé ces signes, c'est qu'elle ne voulait pas qu'il s'en rappelle. Intuitivement, il se met à pleurer. Il veut connaître ces deux soleils et aussi ceux qui sont dans les cadres au-dessus, ces soleils sont importants pour lui, il le sent. Ces soleils sont à l'origine de lui, il le sait, comme une émotion diffuse, il sait que son chemin est lié aux leurs.

Je : Familial, c'est sans doute cela !

Des soleils plus grands que lui qui vont l'éduquer, lui montrer la voie, le chemin à prendre, un cocon doux et serein, une protection comme sa combinaison. Il repose le cadre le représentant lorsque la porte V apparaît et la voix prononce la phrase tant redoutée quelques minutes auparavant.

« Je » fait le point : un foyer, une famille, la sécurité, la sérénité, la nostalgie, l'angoisse, l'imagination, la plénitude et une multitude d'autres émotions dans cette pièce. Des émotions qui ont pour but de le rapprocher de sa véritable nature, des émotions qui lui ont permis de comprendre sa devise de volonté, des émotions qui lui ont révélé son monde intérieur et ses origines.

Il se permet alors la réponse :

Je : Je sens, je ressens !

La voix le félicite et ouvre la porte. Une immense sensation de chaleur traverse toute la pièce. « Je » se permet alors une question :

Je : Est-ce que je suis moi aussi un Soleil ?

La voix ne prononce que ces mots :

- Entre Soleil, ta quête continue.

Soleil ôte son scaphandre sans se soucier de la vapeur produite par le rayonnement de la nouvelle pièce sur l'eau de la pièce IV, il jette un dernier coup d'œil sur les deux cadres le précédant en photo et rentre dans la lumière avec un sentiment d'accomplissement. Il a traversé le plus dur.





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