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"A défaut de comprendre qui nous sommes et d'où nous venons, je ne pense pas que nous puissions réellement progresser " Louis B. Leakey

lundi 26 juin 2017

Les contes de Solman : à travers la Maison V - De l'amour noble...




Soleil poursuit son voyage au travers des maisons du zodiaque. Le voici qui arrive dans un secteur du thème où il se sent tout de suite comme chez lui.

La Maison V symbolise notre expression créative, notre expression personnelle sous toutes ses formes : enfants, jeux, joies, amours.
Elle se rapporte aux loisirs, aux distractions, à l'éducation, à notre besoin d'être reconnu.
C'est la maison du premier enfant, le secteur de notre descendance, notre capacité à aimer autrui.
Son mot-clé : Je donne naissance à.


De l'amour noble...

Soleil franchit la porte et contrôle qu'elle se soit bien activée.

Soleil : Quel bonheur !

D'un beau rouge vif, la porte V s'anime d'un feu géant. En fait, la porte a totalement disparu pour laisser place aux flammes.

Il regarde la combinaison laissée derrière lui mais sent qu'il n'en a plus besoin. Le feu est son élément, il le sait maintenant. Il ose passer sa main dans l'ouverture, à travers les flammes et instantanément sa vitalité revient. Il sent même comme un regain d'énergie. Il décide de les traverser.

Le sol est sec devant lui, l'humidité de la pièce IV s'évanouit. Soleil est ragaillardi.

Soleil : A l'assaut !

Cette pièce V est, de prime abord, beaucoup plus sympathique à traverser que les deux dernières. Dans celle-ci, aucune trace d'eau mais des volcans, des brasiers, des feux de camp, des incendies grignotent des morceaux de bois. Soleil avait justement une petite faim et se jette sur un rondin qui traînait devant lui, sans aucune hésitation.

Soleil : Les émotions, ça creuse !

Il met le bois à sa bouche.

Soleil : Divin ! Quelle pièce merveilleuse !

Serait-elle faite pour lui ? Elle est à sa dimension, elle lui offre à manger (des morceaux de bois de toutes les tailles sont préservés de la chaleur dans une sorte d'aquarium en verre), à boire (il vient de voir de l'essence dans un récipient posé à même le sol), elle le revigore (un caisson d'oxygène crache des petites bulles qui dansent sur ses pieds pour les soigner définitivement de son passage dans la pièce IV).
Même les objets sont en acier et en verre pour lui faciliter leurs prises. Mais si cette pièce est faite pour lui, alors il devrait savoir ce qu'il y a à apprendre ici ? Il regarde autour de lui pour voir si la prochaine porte est apparue ; non, toujours pas.
La déconvenue de Soleil est grande, lui qui pensait pouvoir continuer rapidement son aventure. Néanmoins, cette pièce reste fort accueillante et il goûte à ses plaisirs.

Il remarque près de l'entrée de la porte V, deux caissons. Un de grande taille, l'autre plus modeste,
tous deux fermés (certainement pour éviter que la chaleur ambiante ne vienne brûler leurs contenus).
Il s'approche et lit les inscriptions suivantes : Combinaisons et Lunettes de Soleil. En ce qui concerne la combinaison, après avoir soulevé l'ouvrant de la caisse la plus grande, il voit très bien ce que c'est : cette chère protection dont il a eu besoin auparavant. Mais ici, Soleil doute de son utilité. En revanche, les lunettes de Soleil l'intriguent. Ce sont « ses » lunettes, elles portent son nom. Il soulève le socle de la petite caisse et prend cet objet étrange confectionné en lave froide. Il le contemple pour essayer de voir à quoi il peut bien servir. Il y a deux cercles noirs en verre, des tiges aux bouts arrondis : c'est une énigme. Ces lunettes ne sont visiblement pas assez larges pour les mettre aux pieds, ni les enfiler sur les mains.

Soleil : Mais oui, bien sûr, les yeux !

Il pose alors les lunettes sur son nez, comprend que les tiges servent à maintenir celles-ci en les fixant sur les oreilles et il regarde autour de lui : noir !

Soleil : Mais cela ne sert à rien ces machins ! Personne ne peut voir quelque chose avec cela sur le bout du nez !

Il les retire et les jette en haussant les épaules. La luminosité à cet instant l'aveugle. Il repense alors intuitivement à l'autre, celui avec qui il a pu parler grâce au télé-machin. Si l'autre n'a pas eu de problèmes pour traverser la pièce III alors que lui a eu quelques difficultés, peut-être qu'ici, c'est l'inverse ? L'inconnu pourrait avoir besoin de ces protections : celle du corps et celle des yeux. Il ramasse les lunettes et les replace dans leur caisson.

Soleil : Je suis peut-être le seul à supporter la chaleur et le feu ?!

Il va plus loin dans sa pensée et conclut que s'il est bien le seul à survivre dans de pareilles conditions alors il est sans doute le plus endurant, le plus fort. Il est certainement le plus puissant, le meilleur, en un mot : le chef. Il éclate de rire. Rien qu'à voir sa facilité à franchir les pièces, sa volonté, personne ne peut lui arriver à la cheville, rien ne lui résiste. Il est fier, gonfle le torse et crie :

Soleil : Je suis le Roi !

Alors étant supérieur au reste du monde, il se doit d'agir et de trouver ce qu'il doit apprendre dans la pièce plus rapidement et facilement que les autres sinon il n'aura plus sa place de numéro 1.
Il continue à observer aux alentours : au fond de la pièce, un dôme en verre se dresse. S'avançant vers lui, Soleil constate la présence d'un panneau avec plusieurs boutons.

Soleil : Encore une machine !

Il sourit, il va pouvoir montrer de quoi il est capable, encore, et réussir, encore. Il se met devant le clavier et actionne le premier bouton. Une lumière rouge apparaît accompagnant un son épouvantable mais rien d'autre ne se déclenche. Il actionne un deuxième bouton ; même lumière rouge, même son.

Soleil : Ce n'est pas drôle !

Il continue, troisième touche : réponse identique.

Soleil : Mais rien ne marche ici ou quoi ?

Découragé, il tente le quatrième et le cinquième en même temps. A son grand étonnement, le bouton numéro cinq reste enclenché, une lumière verte apparaît et le plus merveilleux des sons l'invite à continuer son expérience.

Soleil réfléchit : la machine n'est pas cassée mais il ne suffit pas d'appuyer sur les boutons au hasard, il faut de la méthode. Il faut visiblement enfoncer deux boutons en même temps dans un ordre précis pour qu'un seul s'enclenche. A la fin, toutes les touches seront enfoncées et Soleil pourra obtenir quelque chose, un cadeau, il le sent. Soleil regarde attentivement le clavier ; un peu de méthode, une grande dose de volonté et le tour sera joué. Après tout, il est le meilleur et quoi qu'il fasse il parviendra à son but.
Soleil appuie sur les boutons les uns après les autres en éliminant les probabilités d'échecs au fur et à mesure. Lumières rouges, lumières vertes, sons affreux, sons mélodieux se succèdent dans un concert des plus surprenants. Le troisième et le deuxième bouton sont enclenchés, il continue. Cela devient un jeu pour lui et il y prend un grand plaisir.

Il repense à l'autre de la pièce III, y parviendra-t-il aussi vite que lui et en plus en s'amusant ? Non, pas assez de volonté. Il rit de bon cœur à cette pensée. Oui, c'est bien lui le meilleur. Le bouton numéro un est enclenché. Son cœur bat, la surprise est proche, sa main avance sur le dernier bouton ; adrénaline. Il appuie.



Dans le dôme, une merveilleuse mélodie se fait entendre et une image apparaît : un autre ! Un autre
dans une autre pièce. Il reconnaît la pièce IV. L'autre ne porte pas pourtant pas de combinaison. Elle est assise, paisible et regarde le plafond aux multiples lumières. Elle sourit. Elle semble apprécier la pièce. Elle se retourne vers la cheminée. Soleil peut alors voir son visage. Il est si doux, si parfait : l'autre est très belle !

La prochaine porte apparaît. Soleil n'y prête aucune attention. Il avance vers le dôme et se cogne contre la paroi.

Soleil : Qu'elle est belle ! Qui est-ce ?

Le cœur de Soleil résonne de plus en plus fort dans sa poitrine. L'autre regarde les portraits. Soleil peut distinguer les mots Lune 10512 : Naissance...

Soleil : Lune... Je suis un Soleil, tu es une Lune ?

Le son de la machine devient plus clair et la douce mélodie se transforme en rires. Les rires de Lune ? Il la regarde. Quelle douce chaleur dans son cœur ! Il ne peut la quitter des yeux. Les rires de joie s'intensifient autour de lui.

- Pour franchir...

Soleil sourit. Il observe Lune, sûre d'elle dans la pièce IV. Elle saute à pieds joints dans l'eau. Il a tellement peur pour elle qu'il tend la main et tente de la prévenir :

Soleil : Fais attention, l'eau c'est dangereux !

Mais Lune joue dans l'eau, patauge, saute, plonge, nage. Etonné mais rassuré, Soleil la contemple : elle n'a pas peur de l'eau, elle semble même l'adorer.

- Pour franchir...



Soleil continue d'observer Lune dans les moindres détails. Il ressent pour elle quelque chose d'indescriptible : une fascination mélangée à un profond désir de la prendre dans ses bras, de la serrer contre lui, de lui faire découvrir qui il est, de découvrir qui elle est, de partager ses rêves avec elle, de faire des projets en commun, de faire la route à deux. Il veut la toucher, la sentir près de lui, il donnerait tout pour que ce dôme en verre n'existe plus, que ce barrage entre elle et lui ne soit plus.

La voix hurle :

- Pour franchir le seuil de cette nouvelle porte, tu dois définir ce que tu as appris ici.

Soleil sursaute mais reste obnubilé par l'image de Lune. Il s'assied, le regard toujours fixé sur celle-ci, inspire doucement et venant du plus profond de son cœur murmure :

Soleil : J'aime...  💓

Silence. La nouvelle porte s'ouvre et la voix ajoute :

- Soleil, prenez tout le temps qu'il vous faudra.




Les contes de Solman :
A travers la Maison I - De l'éveil solitaire... 
A travers la Maison II - De l'acquisition partielle...
A travers la Maison III - De l'idée neuve...
A travers la Maison IV - De l'émotionnel rêvé...

© Tous droits réservés - Estelle Galliot pour le texte
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